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Cravate, corbillard, camembert, ces noms propres qui deviennent communs

Beaucoup savent que la poubelle vient du nom d’un préfet de police ou la guillotine du docteur Guillotin, mais beaucoup moins que la mousseline dérive de la ville de Mossoul ou le gadget d’un dénommé Emile Gaget: nul ne l’ignorera plus grâce à un livre érudit et drôle.

Combien d’habitants de Corbeil savent-ils que le corbillard doit son nom à leur ville? Qui voit encore le rapport entre Croate et cravate, accessoire emprunté vers 1670 à la tenue des cavaliers de cette région? Tous ces secrets sont révélés dans «2.500 noms propres devenus communs» (Avant-propos) du linguiste belge Georges Lebouc, auteur d’une quarantaine d’ouvrages et surdoué des langues, qui se délecte de tous ces bijoux étymologiques et enchante le lecteur curieux.

Plus du tiers des mots répertoriés dans ce livre ont une origine géographique. Ce sont bien sûr les célèbres fromages français dont les lieux de naissance étaient souvent de tout petits villages comme Camembert, Livarot ou Pont-l’Evêque.

L’origine des douillets pulls en cachemire nés dans la province du Cachemire aux confins de l’Inde, du Pakistan et de la Chine, est familière à la plupart des frileux mais beaucoup ignorent, s’ils dorment dans un lit à baldaquin, que ce nom vient de Bagdad.

Le cheval hongre vient de Hongrie où il était courant de châtrer les chevaux.

Le bikini, lancé par le Français Louis Réard, tire son nom d’un atoll américain du Pacifique où les premières bombes n’étaient pas dénudées mais… atomiques, avec les expériences de tirs en 1946.

Pacifique, lui, le baba-cool tirerait son nom de Baba D’Riley, gourou du groupe «The Who» vers 1975.

Autre source fertile, les personnages religieux (moines dominicains ou franciscains, chant grégorien, issus des saints Dominique, François ou Grégoire) ou historiques comme l’architecte François Mansart (1598-1666), «père» de la mansarde dont il répandit l’usage.

Beaucoup de personnages ont donné leurs noms à des spécialités culinaires comme le chateaubriand, épais filet de boeuf servi sur une sauce brune inventé par le cuisinier de l’écrivain, le hachis parmentier du nom d’Antoine-Augustin Parmentier qui introduisit la pomme de terre en France sous Louis XVI, ou le sandwich, créé par le cuisinier de Lord John Montagu, quatrième comte de Sandwich au XVIIIe siècle.

Le hamburger reste en revanche une énigme. Venu de la ville allemande de Hambourg pour les uns, il tirerait son nom d’un Hambourg américain dans la banlieue de Buffalo, pour d’autres, ou encore de «ham» (jambon en anglais) et «burgher» (bourgeois)…

«2.500 noms propres devenus communs» – Georges Lebouc – Editions Avant-propos – 656 p. – 24,95 euros

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