Le vote « rejet »

Il est maintenant bien établi, toutes les enquêtes « qualitatives » convergent et le démontrent, François Hollande ne bénéficie pas d’un « coefficient » personnel de sympathie. Presque 60% des électeurs qui se disent prêts à voter pour lui le font « parce qu’ils ne souhaitent pas la réélection de Nicolas Sarkozy ». C’est donc plus un vote de rejet qu’une adhésion. Toute la stratégie de Hollande s’appuie d’ailleurs sur cette « certitude » du « rejet ».

Lors de la primaire citoyenne organisée par le PS, Hollande l’a emporté simplement parce que les sondages le nominait comme « meilleur candidat pour battre Sarkozy », tout comme avant lui Royal en 2006 et plus récemment DSK avant ses tribulations américaines. Il s’est agi d’un choix stratégique et en aucun cas d’un choix d’adhésion véritable.

Toute la campagne de François Hollande jusqu’à présent, ne fait d’ailleurs que valider cette stratégie du rejet ressort de la victoire. C’est un peu bref et surtout très dangereux en cas de victoire éventuelle surtout en fonction de la très remarquable percée de Jean-Luc Mélenchon laquelle repose beaucoup plus sur une adhésion véritable. La posture du « grand rassembleur » et du « grand réconciliateur », sans trop se risquer à préciser autour de quelles valeurs, de quel projet de société, est un peu courte en comparaison. La seule de ses propositions qui ait été retenue par l’opinion publique est la taxation des très hauts revenus à hauteur de 75% empruntée avec modération à Mélenchon.

Si Hollande l’emporte, les législatives qui suivront ne manqueront pas de désigner une Assemblée Nationale également à gauche. Régions, majorité des départements, Sénat, Présidence de la république, le tableau sera complet pour ne pas dire plein, la responsabilité totale. Tous les pouvoirs seront dans la même main. On a connu de telles séquences dans le passé pour la droite ; elles n’ont jamais été bénéfiques à moyen terme. Des hommes comme Jean-Luc Mélenchon le savent très bien et ne prendront pas le risque de se compromettre dans une telle entreprise rapidement condamnée, c’est certain. Condamnée d’autant plus que cette omnipotence Hollandaise sera obligée d’assumer les oukases européens qu’elle refuse de remettre véritablement en cause. C’est pourtant là que se posent les vraies questions.

Quand certains ironiquement utilise le pseudo « Hollandréou » pour qualifier le candidat du PS, ils ne pensent sans doute pas si bien dire.

Il ne suffit plus de clamer je suis le changement, car la question surgit : quel changement ?.

Le bénéfice d’un vote par défaut est fragile politiquement. Les électeurs se détourneront d’autant plus aisément d’un François Hollande président que beaucoup ne l’auront pas vraiment « voulu ».

Ajoutons d’ailleurs, pour être complet, qu’une victoire du Président sortant ne met pas à l’abri d’un autre scénario. Alain Marleix, spécialiste de la carte électorale de l’UMP, est allé tirer la sonnette d’alarme sur les législatives auprès de Nicolas Sarkozy. L’ancien ministre n’exclut pas que la droite gagne la présidentielle pour perdre dans la foulée les législatives et se retrouve en cohabitation avec un gauche débarrassée de sa « sociale-démocratie molle ».

 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-vote-rejet-114327

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