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Les communes vont avoir des difficultés à boucler le budget 2012

Les élus vont avoir du mal à boucler le budget 2012. Les prêts relais de la Caisse des dépôts ne suffisent déjà plus. L’après-Dexia, en faillite, est engagé.
Il n’y a pas encore péril en la demeure municipale. Mais les maires sont impatients de pouvoir faire à nouveau affaire avec un banquier solide, stable et plus soucieux de l’intérêt général que de ses marges sur les marchés financiers. C’est peu de dire que la chute de la maison Dexia Crédit Local de France a bouleversé des règles du jeu bien établies depuis des décennies dans le secteur public local. À lui seul en France, il représente quelque 70 % de l’investissement public. La banque issue de la Caisse des dépôts, dont elle s’est émancipée dans les années 1980, est aujourd’hui au bord du gouffre. Elle s’est d’abord engluée dans la crise américaine des subprimes, où son président d’alors, Pierre Richard, l’a imprudemment engagée.

Emprunts toxiques

Non adossée, sauf en Belgique, à une banque de dépôt, elle s’est lancée dans la fuite en avant des produits dits structurés, obligée qu’elle était d’aller chercher sur les marchés les financements qu’elle revendait aux communes de France. Tous n’étaient certes pas toxiques comme certains élus l’ont parfois un peu vite affirmé mais la méthode a choqué des élus locaux, dont certains se sont, il faut bien le dire, laissé prendre au jeu de l’indexation des prêts sur le franc suisse, la parité euro-yen ou les cours du pétrole.

Dexia, on le dit moins souvent, s’est aussi pris les pieds dans le tapis de la dette grecque à hauteur de « 3 milliards d’euros environ », selon un ancien salarié de la banque. Le résultat est connu. La banque a dû être renationalisée en 2009 pour éviter la faillite. Elle a enregistré une perte abyssale de quelque 11 milliards d’euros en 2011. Et sollicite aujourd’hui une garantie des États français et belge à hauteur de 90 milliards d’euros. Pas moins.

40 % de parts de marché

Les maires et les élus départementaux ont été pris de panique à l’automne dernier. D’abord parce que Dexia représentait 40 % du marché annuel des prêts au secteur public local. Ensuite parce que la crise des dettes souveraines a amplifié les difficultés pour eux d’accéder au crédit bancaire pour financer les écoles, les ponts, l’assainissement et les autres équipements publics qui font la fierté de la France décentralisée. Enfin, parce les banques privées, elles-mêmes en difficulté, se montrent, elles aussi, réticentes à prêter. Les marchés vers lesquels elles se financent considèrent désormais le secteur public local, de plus en plus dépendant des financements directs de l’État, comme un risque. Les emprunts, souvent à long terme, accordés aux mairies supposent désormais des niveaux de fonds propres plus élevés. La Caisse d’épargne, le Crédit agricole et, à un degré moindre, le Crédit mutuel restent dans le jeu mais deviennent plus prudents. L’argent se fait plus rare pour eux aussi.

Le relais des fonds d’épargne

Une fois de plus, c’est vers la Caisse des dépôts que s’est tourné le gouvernement pour gérer les encours de Dexia, pour créer la future Banque postale du développement local dont elle est actionnaire à hauteur de 30 % et pour distribuer en région des enveloppes, prises sur les fonds d’épargne, gérés par la… Caisse des dépôts. Partout en région, les directeurs de la Caisse ont affecté 5 milliards d’euros en 2001, puis 2 plus 3 milliards au premier semestre 2012. « Nous avons distribué cette année 51 millions d’euros à une cinquantaine de collectivités aquitaines alors que l’on nous en demandait 450 au moins », indique Xavier Roland-Billecard, le directeur régional de la Caisse des dépôts à Bordeaux. Dans le contexte électoral récent, les arbitrages furent délicats. « Il nous était impossible de satisfaire tout le monde », poursuit Xavier Roland-Billecard. Il pense que les changements sont structurels et vont modifier durablement les équilibres financiers locaux. Les élus, eux, veulent un banquier solide. Celui-ci arrive.

Il serait excessif de dire que la Banque postale était impatiente d’entrer sur le marché des collectivités locales. Mais elle s’y est mise en peu de temps et avec sérieux. Sa filiale commune, créée avec l’onction de Bercy, sera opérationnelle cet été et distribuera les premières lignes de crédit de trésorerie pour parer à l’urgence. Puis viendra l’heure des crédits de plus long terme, d’ici à la fin de l’année. Les équipes de la nouvelle société sillonnent actuellement le territoire. Elles étaient à Bordeaux en début de semaine. « Le sentiment général est plutôt positif », indique un élu présent à la réunion qui s’est déroulée à la trésorerie générale. La question des taux et de la durée des futurs prêts fait encore débat. Mais, pour les maires, l’après-Dexia a bientôt sonné. Enfin.

http://www.sudouest.fr/2012/05/19/les-maires-cherchent-un-banquier-solide-719373-2780.php#xtor=RSS-10521769

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