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Pas d’accord entre le PS, EELV et le Front de gauche pour les législatives

village_gauloisAprès cinq jours de discussions intenses, les négociations entre le PS, Europe Ecologie-Les Verts et le Front de gauche ont échoué. Les trois parties n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la présentation d’un candidat unique de la gauche dans les circonscriptions législatives où elles entendaient faire barrage au FN. Un constat d’échec que Martine Aubry a immédiatement « regretté » tandis que le Parti communiste (PCF) le voyait comme « un très mauvais signe pour le rassemblement nécessaire à gauche ».

Les discussions avaient été entamées le 13 mai à huis clos. Les intentions affichées étaient des plus nobles : il fallait faire barrage au FN dans les circonscriptions où la gauche courait un risque d’élimination dès le premier tour. Derrière s’aiguisaient d’autres appétits, notamment ceux des moins bien lotis – PCF et Parti de gauche (PG) : ces derniers espéraient, dans ce rebattage des cartes, récupérer quelques circonscriptions gagnables. La date de la fin des agapes était fixée : le 18 mai à 18 heures, limite de dépôt des candidatures.

PAS LES MÊMES ATTENTES

Le Front de gauche avait affiché ses intentions dès les résultats du premier tour : avec ses 11,1 %, il pesait beaucoup plus qu’EELV et son petit score de 2,3 % ; il fallait donc que le PS lui fasse une place plus importante en lui concédant des circonscriptions gagnables sans concurrence. Les écologistes, réticents, avaient compris qu’il leur fallait rogner leur acquis de 63 circonscriptions réservées : ils étaient prêts à en céder cinq au PG. Les différentes composantes du Front de gauche n’allaient cependant pas avec les mêmes attentes rue de Solférino, le PCF tentait d’obtenir des sièges supplémentaires pour s’assurer de constituer un groupe à l’Assemblée, à lui tout seul ; le PG voulait obtenir trois députés au minimum.

Le PS quant à lui, voulait sortir de la négociation en obtenant un accord de retrait qui concernait 55 circonscriptions et, ainsi, présenter une gauche unie face au Front national. Une image importante pour François Hollande au lendemain d’une élection où Marine Le Pen a obtenu près de 18 % des voix. Mais les socialistes entendaient y parvenir sans que le prix soit trop lourd à payer.

ACCORD PRESQUE EN VUE

Lundi soir, un accord était presque en vue. Le PS et EELV « lâchaient » six circonscriptions au Front de gauche, dont quatre « gagnables », soit trois en faveur du PCF et une en faveur du PG. Trop peu, pour les amis de Jean-Luc Mélenchon qui refusent alors l’accord. Chacun reprend ses billes et se dépêche d’annoncer qu’il dépose ses candidats en attendant un nouveau round de négociations. Elles n’aboutiront pas plus. Le PCF a tenté de proposer de signer seul l’accord mais le PS n’en a pas voulu : pour lui, c’était tout le Front de gauche ou rien.

Maintenant, la guerre des communiqués fait rage pour rejeter sur l’autre la responsabilité de l’absence d’accord. « On était prêts à boucler sur une trentaine de circonscriptions et à faire un geste, mais pour cela il fallait que le Front de gauche accepte aussi de se retirer dans les circonscriptions à risque. Ils en ont été incapables dans un certain nombre d’endroits », tacle Christophe Borgel, secrétaire national aux élections, citant tant le PG que certaines fédérations du PCF.

SURENCHÈRE

Même avis du côté des écologistes : « Le cœur des négociations devait être les endroits à risque FN. Le Front de gauche a eu du mal à convaincre ses candidats de se retirer », remarque David Cormand, délégué aux élections, qui nuance cependant : « Le PCF a essayé d’être constructif. »

Du côté du Front de gauche, les échos sont différents mais aussi dissonants. « L’accord était possible. On est déçus et inquiets car cet échec va permettre dans certains endroits à la droite et au FN d’empêcher la gauche d’être présente », assure Lydie Benoist, responsable des élections à la direction du PCF. A ses yeux, si le PS est coupable de « ne rien vouloir lâcher », le PG de « surenchère ». Pour les amis de M. Mélenchon, c’est le PS qui est blâmable : « Les socialistes ont décidé d’exercer leur hégémonie en cotisant au minimum. Ils veulent être majoritaires seuls à l’Assemblée nationale et tentent de limiter au maximum le poids de leurs éventuels partenaires. » « Ridicule », répond M. Borgel qui espère maintenant que « l’effet ‘vote utile’ entraînera un rassemblement de la gauche pour barrer le FN ». « On se retrouvera naturellement au deuxième tour, ajoute-t-il. Mais à condition que la gauche ne soit pas éliminée. »

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/18/pas-d-accord-entre-le-ps-eelv-et-le-front-de-gauche-pour-les-legislatives_1703961_1471069.html#ens_id=1589850&xtor=RSS-3208

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  1. 26 mai 2012 à 09:23

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