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Touche pas à mon jackpot!

La loi sur le financement des partis politiques incite les petites formations à multiplier le nombre des candidats pour décrocher une manne financière durant cinq ans.

L’offensive a été lancée par François Bayrou : une “loi mystérieuse” conduirait à la multiplication des candidats sous l’étiquette de “pseudo-partis”…  La loi dénoncée par le président du MoDem, c’est la loi sur le financement des partis politiques votée en 1988. Elle venait après des années de non-droit où, pour simplifier, la gauche se finançait sur les marchés publics et la droite sur la générosité des entreprises.

Résultat : une avalanche de scandales politico-financiers…

La solution retenue par le gouvernement Rocard ? Créer un financement public, transparent, des partis politiques, dans l’espoir de supprimer les mallettes de billets. Les malversations n’ont pas complètement disparu – mais c’est un autre sujet.  Car l’attaque de François Bayrou porte plutôt contre les effets pervers de cette loi.

Pour répartir l’argent public entre les différentes formations politiques, la loi retient deux critères : le nombre de voix recueillies aux législatives, et le nombre de parlementaires. Le problème est qu’elle fixe pour le premier critère une condition de cinquante candidats au moins ayant obtenu 1 % – et c’est là qu’apparaît la “loi mystérieuse” : pour obtenir de l’aide, un petit parti doit multiplier le nombre de candidats, en espérant que cinquante au moins passeront la barre de 1 %, déclenchant la manne publique pour cinq ans.

Ce biais avait tout de suite été repéré par l’avocat Bernard Manovelli. Il l’avait mis à profit dès les législatives de 1993, présentant plus de 500 illustres inconnus sous les noms les plus divers (Nouveaux Écologistes, Parti pour la défense des animaux…).

Une “escroquerie légale”, s’exclamait à l’Assemblée un député RPR. La règle sera durcie dans la forme, mais la logique conservée – les héritiers de Manovelli encaissent toujours. Elle amène à compter 6 611 candidats à ces législatives, soit en moyenne plus de 11 par circonscription, avec un record de 23 dans la 8 e de Paris… “Et alors ?” se demande Maxime Rouquet, coprésident du tout nouveau Parti pirate, qui n’a pas d’argent, mais des idées : “Nous expliquons qu’en votant au premier tour pour nous, chaque voix peut nous rapporter huit euros sur cinq ans” – c’est-à-dire cinq fois 1,68 euro par an. Et pour ce Pirate, ce n’est pas volé, puisque c’est voté.

http://www.ledauphine.com/france-monde/2012/06/07/legislatives-le-jackpot-de-la-loi-mysterieuse

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