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Afrique du Sud : l’école des nostalgiques de l’apartheid

Vingt ans après l’abolition de l’apartheid en Afrique du Sud, des groupuscules d’extrême droite refusent d’abandonner leur combat. Leur but : séparer une nation encore fragilisée par les cicatrices de son passé.

Comme à l'armée, mais sans armes réelles, les enfants s'entraînent à l'assaut...

… Comme presque tous les enfants de leur âge, ils participent à un camp de vacances pendant l’été. Pourtant, il ne sera pas question d’apprendre à allumer un feu, à traquer un animal ou à fabriquer des appeaux. Il s’agit bel et bien d’un «stage commando», mais pas n’importe lequel. Ici, on apprend à survivre, non pas dans la nature, mais en Afrique du Sud en tant que Blanc. Les participants sont tous des fils d’Afrikaners, descendants des colons hollandais, allemands et français. Sur les 50 millions d’habitants peuplant le pays, ces derniers représentent un peu plus de 9 % de la population, soit 4,6 millions. Ces jeunes visages pâles sont tous nés après 1990 et font tous partie des born free: ceux qui n’ont jamais connu l’apartheid. «L’apartheid? Je ne sais pas vraiment ce que c’est, répond timidement Jano, 13 ans et benjamin de la promotion. Mais je crois que c’est Nelson Mandela qui l’a fait, il y a longtemps, pour que tout le monde ait les mêmes droits.»

[…]

Le colonel Jooste dément «influencer» les jeunes. Il prétend seulement «canaliser un sentiment qu'ils possèdent déjà».Devant eux, Franz Jooste, 57 ans, ancien militaire chevronné ayant combattu dans l’armée de l’ancien régime raciste. La lumière blafarde des néons éclaire ses décorations militaires ornant son uniforme criblé de balles – visiblement, le sien est aussi d’époque. «On va faire de vous des hommes», adresse-t-il aux jeunes en afrikaans, la langue historique des colons.Voilà l’ambition des Kommandokorps, un groupuscule d’extrême droite qui prétend avoir entraîné entre 1500 et 1800 jeunes depuis onze ans. Sur son site internet, l’organisation indique vouloir «apprendre aux gens à se défendre et à protéger leur famille» en cas d’attaque, principalement parce que – selon eux – la police et l’armée ne seraient pas à la hauteur. Dans un pays où les viols sont légion, où 50 meurtres par jour et plus de 200 agressions avec intention de blesser sont recensés, le sentiment de peur est omniprésent. Vingt ans après l’élection de Nelson Mandela, on aurait pourtant imaginé que l’arrivée de la première génération de born free dans cette nouvelle Afrique du Sud consoliderait l’unité de la nation, tournant ainsi la page des heures sombres que le pays a connues.

Le Figaro

Article dans son intégralité + reportage photo

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