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Quand l’avenir de l’Hadopi devient un véritable casse-tête pour le gouvernement

Le gouvernement veut tourner la page de l’Hadopi, accusée d’être uniquement répressive, mais doit maintenir des sanctions pour ne pas donner un blanc-seing au piratage.

Que faire de l’Autorité indépendante chargée de lutter contre la piraterie sur Internet, créée sous le précédent quinquennat ? A plusieurs reprises, au cours de la campagne, le candidat François Hollande puis la future ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti ont évoqué sa disparition, voulant par là marquer une rupture nette avec la politique menée par l’ancien Président.

Mais le gouvernement se retrouve aujourd’hui dans une position délicate : tout en dénonçant la posture uniquement répressive de l’Hadopi et la criminalisation des internautes qui l’accompagne, il ne peut abandonner toute idée de sanction contre le téléchargement illégal. Sous peine de se mettre à dos l’ensemble du monde de la culture et de voir le piratage exploser.

La « peur du gendarme » joue à plein

Exprimée maintes fois par Aurélie Filippetti, la position des pouvoirs publics sur l’Hadopi est sévère : elle est tout à la fois accusée d’être inefficace dans la lutte contre la piraterie, de coûter cher (12 millions d’euros par an) et de ne rien rapporter de plus aux auteurs et artistes. Pour la ministre, l’Hadopi est une mauvaise réponse à une bonne question, la lutte contre le piratage.

Le problème, c’est que le milieu de la culture y est favorable. Pour lui, Hadopi remplit parfaitement ses fonctions  : même si le nombre de dossiers transmis au Parquet est très faible (14 à ce jour), il estime qu’elle tient son rôle, la « peur du gendarme » jouant à plein, tandis que la pédagogie et la labellisation des offres légales prennent de plus en plus d’ampleur.

Streaming illégal et téléchargement direct

Entre ces deux positions diamétralement opposées, difficile de dire si l’Hadopi est efficace ou non. Il est impossible de mesurer précisément le nombre de téléchargements illégaux en France, et encore moins leur évolution depuis que le premier message d’avertissement a été envoyé, il y a tout juste deux ans. Il est tout aussi difficile d’analyser quelle est la part de la « peur du gendarme » dans la progression spectaculaire des chiffres de la musique en ligne, pour ne parler que d’elle. Au premier semestre, elle a représenté, sous toutes ses formes (téléchargements, abonnements, gratuité financée par Internet) 30 % du marché de la musique.

Aujourd’hui, compte tenu des polémiques récurrentes qui ont entouré sa lente gestation, l’Hadopi est connue des Français et elle estime, chiffres à l’appui, avoir de nombreux retours d’internautes avertis par ses soins. Après la deuxième recommandation, 23 % prennent contact avec elle.

Mais les chiffres du téléchargement illégal donnent encore le tournis : selon une récente étude de MusicMetric, il s’est échangé 8,4 millions de fichiers musicaux illégaux en France au premier semestre. Si le « peer to peer » est en baisse, le streaming illégal, notamment de films, et le téléchargement direct, qui n’entrent ni l’un ni l’autre dans le cadre de l’Hadopi, ont le vent en poupe.

Les Echos

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