Accueil > Actualités, Economie, France, Politique, Société > Les petits brasseurs atterrés par le doublement de la taxe

Les petits brasseurs atterrés par le doublement de la taxe

Le Nord-Pas-de-Calais et l’Alsace, grandes terres brassicoles, comptent encore des petites et micro brasseries qui vivent le tour de vis fiscal comme un coup de massue. Elles dénoncent l’absence de taxe sur le vin.

On a l’impression qu’on veut nous tuer. » Annick Castelain, dirigeante de la brasserie éponyme (45.000 hectolitres, 30 salariés, 7 millions d’euros de chiffre d’affaires), plus connue sous le nom de sa bière phare, la Ch’ti , est consternée. A telle enseigne qu’un investissement de 2,5 millions d’euros, qui venait d’être acté, est remis en question. « On comprend les nécessités du budget, mais comment peuvent-ils parler d’équité ? En Belgique, en Allemagne, en Tchéquie, les petits brasseurs ont une taxation plus faible que les gros. » Raymond Duyck, patron de la brasserie familiale Jenlain (45 salariés, 100.000 hectolitres, 15 millions de chiffre d’affaires), se dit quant à lui partagé entre incompréhension et colère. « Je ne comprends pas, ils sortent ça de leur chapeau, c’est du grand n’importe quoi ! Au nom de quel principe la bière voit-elle sa taxe doublée alors que le vin, qui est déjà dix fois moins taxé, passe encore entre les mailles du filet ? »Pour l’industriel du Valenciennois, il aurait bien mieux valu adopter une légère augmentation de taxe, mais sur l’assiette plus large de l’ensemble des boissons alcoolisées.

Gel de l’investissement prévu

« On ne s’y attendait pas du tout. Ca va faire mal », déplore Thomas Pierre, fondateur il y a cinq ans de la microbrasserie La Brasserie artésienne, à Auchy-les-Mines (120.000 cols par an). « En petites brasseries, nos charges fixes sont réparties sur beaucoup moins de volume que pour les industriels. » D’ores et déjà, l’entrepreneur a décidé de geler l’investissement qui était programmé pour 2013, mais aussi de modifier ses factures pour faire apparaître clairement que ce n’est pas le prix du produit qui augmente mais bien les taxes.

Le monde brassicole alsacien, qui produit près de 60 % des 20 millions d’hectolitres de bières françaises, n’est pas en reste. « Pourquoi le gouvernement s’acharne-t-il ? », s’interroge Michel Haag, président du syndicat des brasseurs d’Alsace et président de Météor, l’unique grande brasserie restée familiale dans la région. « Avec des augmentations de prix de 10 %, 15 % voire 20 % imposées par cette nouvelle taxe, on s’attend à un nouveau repli du marché, ce qui fragilisera d’autant des entreprises familiales qui ont su résister à la vague de concentrations de ces dernières décennies », ajoute-t-il. En Alsace, le nombre de grandes brasseries est passé de 21 à 4 depuis les années 1960. Restent aujourd’hui Kronenbourg, Heineken, La Licorne (Karlsberg) et Météor, mais aussi deux brasseries artisanales, Uberach et Saint-Pierre, et une dizaine de microbrasseries.

Sur un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros, le secteur brassicole français payait déjà 330 millions de taxes. On lui en réclame désormais 480 millions de plus, alors que prix des matières premières s’envole et que les perspectives sont à la hausse pour l’orge (+ 10%) et le houblon (+ 10  % à + 20%).

Les Echos

  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :