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Le chiffre du jour: 24

24 %, c’est l’augmentation en 10 ans du prix de la viande.

Une partie du voile est enfin levée sur la formation des prix et des marges dans une filière très complexe: celle de la viande bovine. Un rapport de l’économiste Philippe Chalmin sur le sujet a été rendu public jeudi par le ministre de l’Agriculture. Bruno Le Maire s’y était engagé suite aux blocages, à l’automne dernier, des abattoirs Bigard par des agriculteurs qui réclamaient une hausse de 60 centimes le kilo pour n’en obtenir au final que 2 à 5 centimes. Premier constat: le rapport donne implicitement raison aux éleveurs. Il révèle une stabilité du prix de la carcasse qui leur est payé par les abatteurs. Autour de 2,70 euros le kilo depuis dix ans. «Il y a clairement des perdants qui sont les producteurs de viande bovine, estime Bruno Le Maire. Il y a urgence à apporter des réponses structurelles pour améliorer les revenus de ces agriculteurs, qui figurent parmi les plus bas du secteur agricole», ajoute-t-il. Contrairement aux industriels et distributeurs, les producteurs de viande bovine ne parviennent pas à répercuter la hausse de leurs charges, comme la dernière flambée des céréales, sur les prix de vente. Ils travaillent à perte malgré les aides européennes qui représentent près du tiers de leurs produits, par exemple pour un éleveur de charolais.

 

Nouvelles contraintes

Pour inverser la tendance, Bruno Le Maire propose une «meilleure organisation de la filière», en pressant les céréaliers et les éleveurs de mettre en place des contrats pour se protéger contre les fluctuations du marché.

Deuxième constat: les grands gagnants sont les industriels et la distribution. De 2000 à 2010, «la marge agrégée de l’industrie et de la grande distribution augmente de 1,06 euro le kilo équivalent carcasse (65% du poids brut du bovin, NDLR)», reconnaît Philippe Chalmin, qui préside également l’Observatoire des prix et des marges. «Sur ces 1,06 euro, la moitié est liée à l’incidence en 2001 des surcoûts entraînés par l’ESB», ajoute-t-il. Le reste de la hausse s’explique par l’apparition de contraintes environnementales supplémentaires, comme l’obligation de stations d’épuration pour les abattoirs. Elles se traduisent par un surcoût estimé à 20 centimes d’euros. «C’est aussi le résultat de l’augmentation des coûts du travail, avec les 35 heures, et aussi au changement des modes de consommation» , poursuit Philippe Chalmin. Sur ce dernier point, les produits sous barquettes et transformés, comme les brochettes, ont entraîné des consommations intermédiaires supplémentaires et donc des charges en plus. À l’autre bout de la chaîne, en rayon, le consommateur a vu les prix augmenter de près de 24% en dix ans. Avec toutefois de fortes disparités suivant les morceaux. Ce qui peut expliquer son désarroi. «Le prix de l’entrecôte a beaucoup plus augmenté, reconnaît Philippe Chalmin. Il a pris en dix ans, 10 euros à 30 euros le kilo. Mais votre pot-au-feu ou steak haché est resté au même prix sur la période, proche de 3 euros le kilo», indique-t-il.

Ce rapport n’est qu’une première étape. Il ne dissocie pas la marge entre les industriels et la grande distribution. Des études plus lourdes seront effectuées et un second rapport plus complet sera publié avant juillet.

Le Figaro

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