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Colliers de dentition, attention danger !

On en trouve en vente dans les magasins bio, en bijouterie, sur Internet et même désormais dans certaines pharmacies, pour un prix excédant rarement une vingtaine d’euros. Les colliers d’ambre sont le nouveau phénomène à la mode (40 à 45% des parents y auraient recours) et ornent de plus en plus de petits cous, au seul argument qu’ils apaiseraient les douleurs des bébés (dès 4 mois) lorsqu’ils font leurs dents.

La Société française de pédiatrie (SFP), publiant début octobre les résultats d’une étude menée aux urgences pédiatriques des hôpitaux de Toulouse et Montauban, tire la sonnette d’alarme : si rien ne prouve les vertus thérapeutiques de l’ambre, les accidents liés à ces colliers, par strangulation ou ingestion, sont, eux, bien réels.

Des bienfaits sans fondement scientifique. Toutes les méthodes semblent bonnes pour calmer le mal d’un bébé en pleine poussée dentaire chez des parents souvent désarmés. C’est en général grâce au bouche à oreille ou par mimétisme que les parents équipent leur enfant de ces colliers d’ambre. « Rien, hormis le fait d’y croire, n’en a pourtant jamais prouvé les bienfaits, c’est de la pure superstition », avertit un pédiatre parisien. Pour les spécialistes toulousains, ce « négoce rentable » se pratique « aux dépens de la crédulité des parents ». Le Professeur Patrick Tounian, secrétaire général de la SFP, nuance : « L’effet placebo peut parfois se révéler étonnant, même chez les bébés, mais dans le cas de ces colliers, le rapport bénéfice-risque est trop important côté risque. »

Des cas de décès avérés. L’ambre, si rien ne prouve qu’il ait de véritables vertus antalgiques, n’est pas en soi dangereux. C’est le fait de porter un collier qui l’est, surtout chez les enfants de moins de 3 ans. Coincé dans un barreau de lit, à un crochet ou à toute autre partie du mobilier, le collier risque d’entraîner une pendaison, survenant sous l’effet du poids de l’enfant. Cela, les notices d’utilisation « le précisent rarement », relève l’étude de la SFP. Le service d’urgences pédiatriques de l’hôpital Necker, à Paris, a déjà recensé jusqu’à trente décès d’enfants par étranglement sur un an, mettant notamment en cause des colliers ou des chaînettes.

Vers une interdiction? La réglementation française exige que les colliers doivent céder sous un poids supérieur à 2,5 kg. Mais comment en être certain lorsqu’on les achète sur Internet? Pis, les parents sont souvent rassurés de pouvoir s’en procurer en pharmacie. Les pédiatres qui ont mené cette étude espèrent que l’ordre des pharmaciens en fera interdire la vente en officine. Et que les institutions de santé lanceront une étude épidémiologique de grande ampleur, en vue d’une réglementation plus stricte encore.

Le Parisien

 

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