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Tunisie : un universitaire anti-niqab risque cinq ans de prison

Habib Kazdaghli (FETHI BELAID/AFP) Le doyen de la faculté de lettres de l’université de la Manouba à Tunis est accusé d’avoir giflé une étudiante portant le voile intégral. Son procès s’ouvre jeudi, sous l’œil d’observateurs internationaux. Cet ancien opposant à Ben Ali doit regretter amèrement le temps où de telles pratiques islamistes n’avaient pas droit de cité dans son pays, c’était du temps de… Ben Ali !

L’historien Habib Kazdaghli, doyen de la faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba à Tunis, comparaît jeudi devant le tribunal de première instance de la Manouba, ville de la banlieue de Tunis, pour « acte de violence commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions ». Il est accusé d’avoir giflé une étudiante portant le niqab (voile intégral). Il dénonce pour sa part l’instrumentalisation politique dont il est victime. L’affaire suscite une vague de soutien international. Des délégations belge et française sont ainsi arrivées à Tunis pour assister à ce procès.

Habib Kazdaghli a été élu doyen de la faculté de la Manouba en juin 2011, à la suite de la révolution. À la demande du corps enseignant, le conseil scientifique de la faculté a adopté un règlement le 2 novembre 2011 interdisant le port du niqab dans les salles de cours et pendant les examens.

De ce jour, l’université est devenue la cible d’attaques par des groupes de salafistes. Jusqu’au 6 mars 2012, où deux étudiantes portant le niqab ont pénétré sans autorisation dans le bureau du doyen et l’ont saccagé. Par leurs propos, M. Kazdaghli a alors compris qu’il s’agissait d’étudiantes convoquées par le conseil de discipline pour non-respect du règlement.

Le doyen a alors porté plainte. Tout comme l’une des étudiantes, l’accusant de l’avoir frappée. Les deux plaintes étaient censées être traitées conjointement. Mais lors d’une première comparution le 5 juillet, il n’a été question que du procès de Habib Kazdaghli. De « violence légère », le parquet a requalifié le chef d’inculpation pour l’aggraver, justifiant le report du procès. L’universitaire risque dorénavant cinq ans de prison.

La Croix

 

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