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« Ici c’est la guerre civile, ce sont les mots que j’entends »

Éric Mauriès, prof de sports, vit depuis sept ans en Guyane. Il aime le département mais la spirale de la violence l’inquiète. Il est en train de monter un collectif contre l’insécurité.

Quel état des lieux faites-vous de ce qu’il se passe à Kourou ?J’entends des gens dire qu’il faut monter des milices. Mais ça, c’est la fin de la démocratie. Non, il faut au contraire que l’État prenne ses responsabilités. Tous les jours, il se passe un truc ici et je ne vois rien bouger. Et ce n’est sûrement pas en montant des milices qu’on va régler le problème.

Qui parle de milices ?
Ce sont des choses qu’on entend ici. On sent que les gens sont à bout : Guyanais, pas Guyanais, tout le monde.
C’est quoi les exemples de l’insécurité au quotidien dans la cité spatiale ?
Pratiquement tous les gens que je connais ont été victimes de cambriolage.
Quel rôle peut jouer votre collectif ?
J’ai l’impression qu’il y a une volonté d’étouffer ce qu’il se passe pour ne pas affoler les gens et puis aussi parce qu’il n’y a pas de moyens. Dans le collectif, je voudrais embarquer tout le monde, même le maire et ne pas le limiter qu’à Kourou. Ici c’est la guerre civile. Ce sont les mots que j’entends. Si on ne fait rien, ça va finir par des homicides. Ça ne peut plus continuer comme ça.
Des enquêteurs disent que la délinquance serait le fait d’une vingtaine d’individus. Ça vous semble plausible ?
Je veux bien croire qu’une vingtaine de personnes peuvent mettre à feu et à sang une ville. Surtout à Kourou. On a l’impression en tout cas qu’il y a une volonté que les faits de délinquance ne se sachent pas, la volonté de ne pas faire de vague parce que c’est mauvais pour la fusée. Mais les personnes qui travaillent dans le spatial sont elles aussi victimes de la délinquance.
Quelles seront les premières actions que vous mènerez avec ce collectif ?
Pour l’instant, j’ai simplement passé une annonce en faisant part de ma volonté de monter ce collectif, pour dire simplement que Kourou est devenue invivable. Est-ce qu’on va défiler ? Est-ce qu’on va faire une ville morte ? Pour l’instant je ne sais pas. Tout ce que je peux vous dire c’est que j’ai déjà reçu 300 mails.
Et que disent les gens qui vous contactent ?
J’ai très peu de mails haineux qui diraient par exemple qu’il faut s’organiser pour faire la justice soi-même. Ce que me disent les gens, c’est qu’on est abandonné, même par les gendarmes, même par la justice. D’ailleurs, dans ce collectif, j’aimerais qu’il y ait aussi des gendarmes. Mais je pense qu’ils n’ont pas le droit.
Vous dites que certains se sentent abandonnés par les gendarmes et la justice. Mais que pourraient-ils faire ?
Je ne pense pas que, seuls, les gendarmes puissent faire grand-chose. Personne ne rejette la faute sur eux du reste. On les voit partout, ils patrouillent. Mais ils ne sont pas assez nombreux. En fait, il n’y a pas beaucoup de choses qui sont faites pour occuper les jeunes. On ne va pas que punir non plus.
Pour joindre Éric Mauriès : amarantekourou@orange.fr.
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