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L’église des animaux (Ste Rita) menacée de démolition

Comme chaque premier dimanche de novembre, dans la petite église blanche dédiée à Sainte-Rita, patronne des causes désespérées, dans le XVe arrondissement de Paris, la messe pontificale de bénédiction des animaux s’apprête à rassembler des centaines de fidèles (plus de six cents l’année passée), massés jusque sur le trottoir de la rue François-Bonvin, et presque autant d’animaux.

Chiens, chats, rongeurs, poissons, mais aussi des chevaux, des animaux de cirque… « On a vu des zèbres ici, et, l’an dernier, un petit sanglier », sourit doucement Mgr Philippe, qui officie depuis près de trente ans dans cette église catholique apostolique gallicane. Mais le sourire est triste. Cette année, Mgr Philippe terminera son sermon avec les mots que les fidèles de Sainte-Rita redoutent depuis plus de trois ans : la communauté catholique suisse, propriétaire de la paroisse, a vendu son église. Trop chère à entretenir, pas assez rentable.

A Sainte-Rita, viennent « des chrétiens de tous horizons, unis par la prière et dans le respect de la diversité », quitte parfois « à déranger », comme l’admet l’archevêque, qui revendique le droit de marier des divorcés et peut-être un jour des couples homosexuels. Aujourd’hui Sainte-Rita aurait bien besoin que des mécènes se penchent sur son avenir. Celui-ci pèse 3,3 M€, le prix fixé par les responsables de la communauté pour le petit édifice gothique niché près du métro aérien.

Inutile de dire que Mgr Philippe n’a pas le moindre cent, lui dont l’église vit de dons de paroissiens et des commandes de messes. « Notre seul recours, c’est que quelqu’un d’important s’en soucie », admet l’archevêque — son titre au sein de l’église gallicane —, avec un fatalisme qu’il tente de masquer sous une conviction fragile. « Je pense que notre église ne sera pas démolie, qu’il se passera quelque chose », répète-t-il comme pour s’en convaincre.

Deux affiches apposées l’une sur un mur, l’autre sur la porte en bois vernis, annoncent le « permis tacite », daté de mars, annonçant la démolition de l’édifice et la construction de 19 logements par une société de BTP nantaise. Sur la porte, cet appel également lancé pour la pétition en ligne ouverte le mois dernier par les défenseurs de Sainte-Rita. À défaut d’une véritable église, Mgr Philippe recherche « un local à transformer en église, dans Paris ou en proche banlieue ».

Le Parisien

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