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Les « vieux cons réac' » assument et vous emmerdent

Dans sa nouvelle autobiographie « Dans mes yeux », Johnny Hallyday traite Michel Sardou de « vieux con réac » ce qui permet à Christian Combaz (Photo) de rappeler que les mécanismes d’intimidation de l’opinion devant les grandes réformes ne fonctionnent plus comme avant et que les réactionnaires assument.

Nombre d’entre nous se souviennent du temps où leurs amis les plus lâches ou les mieux intentionnés leur suggéraient de surveiller chez eux une fâcheuse tendance à la Réaction.

Le temps où la Réaction sera elle-même assez tendance est pourtant imminent. En effet, les bêtises accumulées par les donneurs de leçons font croître la gêne et la réprobation chez leurs partisans selon une courbe tellement exponentielle que des voix commencent à s’élever sur le thème : cette cacophonie, ce manque de coordination, ces réformes superflues « vont finir par donner raison aux réactionnaires ».

Les réactionnaires, personnages honnis entre tous, pourraient donc avoir raison, mais sans que le mérite leur en revienne, puisque ce sont leurs adversaires, à en croire les commentaires, qui perdent des points dans l’opinion, et non leurs idées qui en gagnent.

Mais le plus grave, s’ils parviennent un jour à séduire le Peuple, est qu’ils ne s’excuseront pas. C’est fini. Tout semble indiquer que la précaution liminaire du style « Je sais que je vais passer pour réactionnaire, mais j’aimerais souligner que… », cette ultime politesse du débatteur qui mesure la vanité de ses efforts avant d’affronter la meute, cette concession permanente faite à l’esprit du temps et qui commence par « au risque de faire vieux réac « , appartiennent à une époque révolue.

Avant d’évoquer celle qui nous attend, il n’est  pas inutile de rappeler les caractéristiques de celle que nous quittons. Depuis 1917 et singulièrement, en France, depuis 1968, le mot réactionnaire s’emploie pour désigner celui qui prétend échapper à la fatalité révolutionnaire. La Réaction est ce réflexe petit-bourgeois qui consiste à vouloir tordre le bras de celui qui vous étrangle. Si vous ne voulez pas rejoindre le camp des étrangleurs, si vous ne voulez pas étrangler les autres en leur nom, vous perdez vos privilèges, vos amis, votre charme. Fonctionnaire, vous végétez sans avancement. Militaire, vous êtes coiffé par un vrai démocrate. Journaliste, vous êtes voué  à la rubrique auto-moto. Ecrivain, cinéaste, vous n’avez plus de talent.  Chanteur, vous êtes interdit de plateau ou livré à quelque animateur payé trente fois le smic pour vous étrangler en direct sur Canal Plus. Ce système s’est tellement généralisé que pour surnager, les hommes politiques les moins révolutionnaires ont dû donner des gages aux étrangleurs, ont dû les nommer partout, leur laisser nombre de leviers, et se plier à leur vocabulaire.

Article dans sont intégralité sur Atlantico
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