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La France s’achemine vers un chômage historique

Le nombre de chômeurs pourrait dépasser mardi son record, vieux d’il y a seize ans. Les emplois d’avenir, mesure phare de l’exécutif, peinent à trouver preneurs.

Mardi prochain, à 18 heures, sera connu le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi fin janvier. Après la douche froide, vendredi, de la Commission européenne (qui a révisé les prévisions de croissance et de déficit de la France pour 2013), François Hollande pourrait cette fois-ci être plongé dans un bain glacé, bien plus compliqué à gérer politiquement. En cause? La probabilité que le nombre de chômeurs en catégorie A (sans aucun emploi) dépasse le record de 3,2 millions. Un cataclysme qui renverrait la France seize ans en arrière. Trois raisons expliquent que le cap historique atteint en janvier 1997pourrait être dépassé mardi ou, tout du moins, être sérieusement approché.

Primo, l’effet du rouleau compresseur de la crise qui, depuis un an, fait gonfler de plus de 25.000 personnes, en moyenne chaque mois, les inscrits en catégorie A. Secundo, l’actualisation chaque fin février des coefficients de correction des variations saisonnières et des jours ouvrables qui ont servi à redresser les séries des douze mois précédents. Cette révision peut avoir des effets importants, notamment en cas de forte hausse du chômage, comme en 2012 (+284.500 inscrits). En 2009, certains mois annoncés en baisse ayant été revisés à la hausse, le nombre de chômeurs avait mécaniquement enflé de près de 25.000. Soit, d’un seul coup, 5,7 % de chômeurs en plus!

Et tertio, à cause d’une modification des règles de gestion des radiations depuis le 1er janvier. «Ce changement aura pour effet de diminuer les sorties au titre des radiations et, donc, d’augmenter d’autant le nombre de demandeurs d’emploi en fin de mois», prévient déjà le ministère du Travail qui estime l’impact de la hausse attendue «entre 10.000 et 30.000».

Fort volet de formation

Ce bond en avant du nombre de chômeurs sera une mauvaise nouvelle de plus pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault qui maintiennent toujours leur objectif d’inverser la courbe du chômage à la fin de l’année. Une prévision qui va à l’encontre de celle de Bruxelles qui prédit un taux de chômage de 10,7 % au 31 décembre prochain, contre 10,3 % un an plus tôt. Pour justifier son optimisme, le gouvernement mise sur les outils qu’il a mis en place depuis l’été dernier (contrat de génération, contrat d’avenir…). Le problème – outre l’effondrement de la croissance -, c’est que tous ces outils tardent à produire leurs effets. À commencer par les emplois d’avenir, ces 150.000 contrats (dont 100.000 cette année) dans le secteur non marchand financés pendant trois ans à 75 % par l’État et destinés aux jeunes pas ou peu qualifiés de zone urbaine sensible ou rurale sinistrée.

Quatre mois après leur entrée en application, seulement un peu plus de 5000 ont trouvé preneurs. «Ça monte doucement parce que ce sont des jeunes très éloignés de l’emploi qu’il faut sortir du chômage et du désespoir», justifiait récemment Jean-Marc Ayrault. Des jeunes de moins de 26 ans peu opérationnels et assez difficiles à intégrer, à qui il faut parfois apprendre à se lever le matin… «Les associations sont plus enclines à recruter des bac +5 que des bac -4, notre cible», dédramatise régulièrement Michel Sapin, le ministre du Travail.

Facteur aggravant: pour être éligibles, ils doivent avoir été inscrits six mois dans les douze derniers au chômage. Or beaucoup n’ont jamais pris la peine de franchir la porte d’une agence Pôle emploi… Votés à la rentrée pour être opérationnels au 1er novembre, la mise en œuvre des emplois d’avenir est également délicate en raison du fort volet de formation à assurer aux jeunes qu’il faut, souvent, monter de toutes pièces et financer.

Le ministère du Travail n’est pas inquiet. «Nous sommes encore en phase de rodage, le dispositif tournera bientôt à plein régime», confirme un proche de Michel Sapin, qui se rassure en comparant avec le plus mauvais départ encore, en 1997, des emplois jeunes de Martine Aubry. En cinq ans, 300.000 avaient fini par être pourvus, l’objectif initial…

Le Figaro

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