Accueil > Actualités, Faits divers, France, Société > Corbas ou l’échec des prisons modèles ?

Corbas ou l’échec des prisons modèles ?

Un détenu a été retrouvé pendu lundi dernier dans la maison d’arrêt de Corbas, près de Lyon. Un nouveau drame dans cette prison flambant neuve, qui détient pourtant le taux de suicide le plus élevé de France.

Mes collègues n’auraient jamais pensé que cela arriverait, la personne n’était pas identifiée comme étant suicidaire.» Pascal Rossignol est secrétaire du syndicat pénitentiaire Union Régionale UFAP-UNSA de Lyon et il ne s’explique pas la nouvelle disparition d’un détenu dans la maison d’arrêt de Corbas. Lundi 11 mars dernier, un homme a été retrouvé pendu dans sa cellule. Un drame qui n’est malheureusement pas isolé : cette prison ultramoderne connaît le taux de suicide le plus élevé de France (rapport 2012 de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales).

En 2011, 8 détenus sur un effectif de 898 ont mis fin à leurs jours, ce qui équivaut à un «taux» de 89 pour 10 000 détenus. A titre de comparaison, ce chiffre est de 16 pour 10 000 à la prison de Fleury Mérogis, et de 18 pour 10 000 au niveau national. Une réalité préoccupante, qui laisse Pascal Rossignol sans réponses. «Pourquoi ? Je serais incapable de vous l’indiquer… Corbas n’est pas l’établissement le plus anxiogène de la région [lyonnaise].»
Une prison moderne et propre

Au moment de sa mise en service en 2009, la maison d’arrêt était présentée comme étant un modèle de prison moderne et salubre. «Au niveau de l’hygiène, c’est formidable. Chaque cellule contient deux détenus au maximum et dispose de sa propre cabine de toilette» raconte Anne Van Bremeersch, présidente de l’association San Marco, qui vient en aide aux familles. Une révolution pour les personnes détenues, jusqu’alors habituées à la vétusté des prisons Saint-Joseph et Saint-Paul, surnommées «la marmite du diable». «C’était sordide, il y avait notamment de très gros rats» précise Anne Van Bremeersch.

Très peu auraient pensé que les prisonniers allaient regretter leurs anciennes conditions de détention. Et pourtant : «Les surveillants, les familles, les détenus, mais aussi les intervenants extérieurs, tous préfèrent ce qu’il y avait avant», raconte Pascal Rossignol. «C’était vétuste, mais au moins il y avait un contact humain entre nous, le fonctionnement était plus simple.»

Déjà en 2010, un ancien détenu de la prison de Corbas pointait du doigt, dans les colonnes de Libération, l’isolement forcé des prisonniers : «(…) toutes les portes s’ouvrent sur commande, à distance. Tout est automatique. Vous ne voyez presque plus de surveillants.» C’est encore le cas en 2013 : «Les choses n’ont pas vraiment changé», explique Axel Roux, du Genepi Rhône-Alpes (Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées).

Libération

Lire aussi : «On est arrivés dans une prison propre, sans rats, sans cafards, sans humanité»

Catégories :Actualités, Faits divers, France, Société Étiquettes : ,
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :