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Ecole. Le niveau baisse, à qui la faute ?

Les compétences en lecture, écriture et calcul baissent en primaire, là où se joue la réussite scolaire, selon plusieurs enquêtes. Plusieurs facteurs d’explication sont avancés.

 – En 2007, à l’entrée au collège, 15% des élèves connaissaient des difficultés sévères ou très sévères, et 25% avaient des acquis fragiles. C’est plus de 30 à 35% dans les zones d’éducation prioritaire.

Orthographe : presque 15 fautes en dix lignes
– Entre 1987 et 2007, les compétences des élèves en fin de CM2, observées aux mêmes épreuves, montrent « une baisse significative ». Concernant l’orthographe, dans une même dictée d’un texte d’une dizaine de lignes, le nombre d’erreurs a augmenté en moyenne de 10,7 en 1987 à 14,7 en 2007.
Le pourcentage d’élèves qui faisaient plus de quinze erreurs était de 26% en 1987 mais de 46% vingt ans plus tard.
Ce sont principalement les erreurs grammaticales qui ont grimpé, passant de sept à onze en moyenne. Par exemple, 87% des élèves conjuguaient correctement le verbe « tomber » dans la phrase « le soir tombait ». Ils n’étaient plus que 63% en 2007. Concernant la lecture, les élèves devaient strictement reproduire une courte phrase contenue dans « La gloire de mon père » de Marcel Pagnol: 81% y sont parvenus en 1987, et seulement 64% en 2007.

– En lecture, entre 1997 et 2007, la proportion de jeunes au début du collège jugés en difficulté est passée de 14,9% à 19%, une augmentation particulièrement marquée dans l’éducation prioritaire.

A 15 ans, 20 % des élèves ont des difficultés de lecture
– Les enquêtes Pisa évaluent les jeunes de 15 ans, c’est-à-dire quasiment à la fin de la scolarité obligatoire en France, en compréhension de l’écrit, mathématiques et sciences.
Entre 2000 – première édition de l’enquête – et 2009 : la France recule, même si elle se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE. En compréhension de l’écrit, la France est passée du 13e rang sur 26 pays, au 18e sur 34 pays. Mais les inégalités se sont accrues : la proportion des élèves les moins performants en lecture est passée de 15% à 20%, et celle des élèves les plus faibles en mathématiques a augmenté de 16,6% en 2003 à 22,5% en 2009.
En revanche, le pourcentage des plus performants a augmenté en lecture (de 8,5% à 9,6% entre 2000 et 2009) alors que globalement ce groupe a plutôt décru dans le reste de l’OCDE.
La proportion des meilleurs élèves en maths est resté sensiblement identique.

– Dans l’enquête internationale Pirls, menée en 2011: la France n’arrive qu’en 29e position sur 45 pays, en-deçà de la moyenne européenne. En outre, en dix ans (2001-2011), les élèves français sont toujours plus nombreux à s’abstenir de répondre lorsque les réponses doivent être rédigées, et ils sont les plus nombreux à ne pas terminer les épreuves.

Un jeune sur 20 en situation d’illettrisme
– Les évaluations en lecture sur des jeunes de 17 ans ou plus dans le cadre de la Journée Défense et Citoyenneté, menées en 2011, révèlent qu’un jeune sur dix rencontre des difficultés de compréhension, dont la moitié peut être considérée en situation d’illettrisme.
Chaque année, 140.000 jeunes sortent du système éducatif sans formation ou qualification. Des universités organisent des cours de rattrapage en français pour les étudiants en licence les plus faibles en ce domaine, destinés à faire diminuer l’échec lors des premières années universitaires.

En cause, selon des experts, la multiplication des disciplines, la transformation des pédagogies et une formation des enseignants pas toujours adaptée. Pour l’historien Antoine Prost, « il faut non seulement travailler davantage mais mieux ». « Entre 1960 et aujourd’hui, on a perdu une heure de travail d’élève sur cinq. C’est comme si on avait obligé tous les élèves à sauter une classe ».

L’orthographe, totem français
Le temps alloué à l’enseignement du français a aussi fortement baissé, relève l’historien Claude Lelièvre. « Les élèves font plus de fautes de grammaire ou de lexique parce qu’on passe moins de temps à faire de la grammaire explicite et encore moins à faire des répétitions ». En revanche, « si vous mettez entre parenthèses la question de l’orthographe, on a des élèves qui font des rédactions supérieures par rapport à des copies du certificat d’études de 1923 », souligne-t-il. « L’orthographe est un totem français ! Vous pouvez vous vanter d’être nul en maths, mais pas d’être nul en orthographe. C’est l’apitoiement généralisé ! », relève avec amusement M. Lelièvre. Et il relativise : « Il n’y a pas un effondrement du niveau en rapport avec l’effondrement des horaires consacrés. Ca pourrait être nettement pire ».

Dégradation sociale
Viviane Buhler, inspectrice de l’Education nationale honoraire, formule d’autres « hypothèses » : « la dégradation sociale et la transformation de la population », citant « le chômage, la perte de repères dans les milieux populaires, des familles issues de cultures très éloignées de celle de l’école… ».
Elle accuse aussi la multiplication des réformes qui ont introduit de nouvelles matières (langue vivante, sécurité routière…), « les enseignants ne savent plus trop quelles sont leurs priorités ». Et la formation continue « qui n’a pas eu suffisamment d’impact sur les pratiques pédagogiques ».

Le Télégramme

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