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Varg Vikernes bientôt expulsé de France ?

Compte-rendu d’une procédure d’expulsion de droit régalien, voulue par Manuel Valls, et suivie par un correspondant de Fortune en Corrèze.

Le 10 septembre 2013, Kristian Vikernes comparaissait devant une commission composée de trois magistrats du tribunal de grande instance de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) dans le cadre d’une procédure administrative, afin de statuer sur la validité des éléments présentés par les services de la Préfecture du département pour justifier d’une expulsion du territoire français du musicien, auteur et survivaliste norvégien.

Comme aucune autre salle n’était disponible, les trois magistrats stagiaires (tout heureux de pouvoir participer à cette procédure certainement exceptionnelle dans l’ex-département de François Hollande), les agents préfectoraux, les journalistes et le public (une petite trentaine de personnes en tout) ont dû se serrer dans une salle de 25 mètres carrés située dans les sous-sols du Palais de Justice de Brive, la bibliothèque de celui-ci.

Une table autour de laquelle pouvaient s’asseoir 12 personnes trônait en son milieu, le reste des participants devant s’appuyer sur les rayonnages remplis de livres ou s’asseoir par terre devant eux. La température montait et pas seulement à cause du dossier traité ce jour-là.

Après s’être enquis de l’identité de Kristian “Varg” Vikernes -qui s’appelle désormais Louis Cachet (1)-, de son avocat et de sa traductrice, la magistrate présidant la séance donna la parole au représentant de la Préfecture, un petit homme sûr de son fait et de ceux alignés sur les papiers étalés devant lui.

D’entrée de jeu il demanda l’expulsion, au nom de la sécurité de l’État, du militant norvégien en France depuis 2010. Il énuméra tout d’abord certains faits relatifs à son passé en Norvège (2).

Il continuait en révélant qu’à partir de cette date, il était sous surveillance des services de police français, notamment pour des écrits qu’il aurait postés sur Thulean Perspective (dont le serveur se trouve aux États-Unis) et surtout Burzum.org (dont le serveur est en Russie).

Il lisait alors en français des textes parus sur l’un de ces sites (sans citer lequel) et datés du 23 février, du 30 avril et du 2 juin 2013 dans lesquels Varg Vikernes/Louis Cachet aurait notamment prôné la résistance face à l’invasion allogène de l’Europe, réclamé qu’on se débarrasse des juifs (de naissance ou ceux qui le seraient devenus de par leurs actions) et violemment attaqué l’islam et les musulmans. Il aurait ainsi écrit: “Je crois à la violence pour résoudre les problèmes“.

Il finissait son rapport en demandant l’expulsion de Varg Vikernes/Louis Cachet pour “menace réelle, actuelle à la sécurité de l’État et à celle des personnes

tout en reconnaissant que, marié depuis 3 ans à une Française dont il a trois, et bientôt quatre, enfants dont deux sont nés en Norvège et deux le sont ou le seront en France, et dont il peut assurer financièrement l’existence, il pourrait réclamer que cette demande soit rejetée pour ne pas mettre sa famille en danger.

La présidente de la commission poursuivait alors dans cette direction en lui demandant s’il était vrai que ses trois enfants déjà nés (dont le plus âgé n’a que 6 ans) n’étaient pas scolarisés. Varg Vikernes/Louis Cachet déclarait que c’était vrai et que c’était lui et sa femme qui s’occupaient de leur faire l’école à la maison, comme c’est autorisé en France dans un cadre très strict. Elle continuait en lui demandant si la reconstitution de la cellule familiale serait possible en Norvège.

Elle lui donnait ensuite la parole, ce qu’il faisait avec l’aide d’une traductrice norvégienne

Varg Vikernes/Louis Cachet commençait son plaidoyer en déclarant qu’il n’était pas motivé par le racisme mais par la défense de la culture européenne.

Il précisait que ses blogs n’étaient rédigés qu’en anglais ou en norvégien et qu’il ne pouvait donc pas certifier qu’il avait vraiment écrit les textes traduits en français qui avaient été cités comme étant soi-disant de lui.

Il affirmait alors que le christianisme et l’islam étaient des religions orientales importées en Europe et qu’elles représentaient une agression contre la culture européenne pré-chrétienne.

Comme la présidente lui demandait la différence entre la religion païenne nordique et les religions du Livre (judaïsme, christianisme, islam), il précisait que la première célébrait ce qu’il y avait de bon en l’homme tandis que les autres partaient du principe que l’homme était un pécheur. Toutes les religions autochtones européennes étaient bonnes pour les autochtones, tandis que celles importées d’orient ou d’ailleurs ne l’étaient pas.

Il admettait vouloir faire l’école à la maison à ses enfants, ce qui est légal en France et ce à quoi le juge pour enfants n’avait rien trouvé à redire : alors que ces derniers avaient été placés en urgence en juillet après l’arrestation de leurs parents, ils leur avaient été redonnés une semaine après. Il affirmait enfin que son action se limitait à ses blogs, à sa musique et à ses écrits (il est l’auteur de plusieurs ouvrages, entre autres sur la mythologie et la religion nordiques).

Varg Vikernes/Louis Cachet révélait que son arrestation avait généré beaucoup de trafic en direction de son blog Thulean Perspective, notamment de Français qui, jusque là, ignoraient qu’il était lui-même en France ou même qui il était. Certains lui avaient rendu visite dans sa maison en Corrèze, lui apportant des dons et se promenant avec lui et ses enfants dans la nature environnante.

Après avoir précisé qu’il n’était pas le responsable du site Burzum.com, auquel il avait intimé à plusieurs reprises, mais sans résultat, l’ordre de ne plus utiliser ses écrits et/ou son image,

il déclarait que, pour lui, son blog permettait d’apporter “de la lumière dans l’obscurité” et prenait la défense des valeurs européennes d’origine. Lui-même n’était pas agressif à la base, mais plutôt agressé par la tradition judéo-chrétienne. Il affirmait ensuite qu’il était devenu ce qu’il était de par sa nature européenne.

Sa femme ne supportant pas le système norvégien, ils étaient venus s’installer d’abord en Auvergne, puis dans le Limousin car c’étaient des régions où la nature était encore préservée et où ne régnait pas une criminalité galopante comme dans les grandes villes. Ils avaient choisi le Limousin car sa femme y avait des attaches familiales (oncles, tantes, cousins).

La protection contre la criminalité était importante pour lui et sa famille et c’est pour cette raison qu’il se tenait à l’écart des “zones sensibles”.

Lors de la perquisition du domicile Cachet, les policiers avaient trouvé beaucoup d’armes médiévales (arbalète, glaive romain, épées, cotte de mailles, etc) lui appartenant ainsi que quatre armes à feu (un fusil de chasse, une carabine 222 et deux carabines 22 LR) appartenant à sa femme inscrite à un club de tir de Brive et en train de préparer le permis de chasser.

Un second magistrat lui demandant alors ce qu’était le survivalisme, dont il se réclamait, il précisait que c’était la préparation à toutes les situations de crise possibles, dont celles dues à des pénuries diverses (essence, nourriture, médicaments) et auxquelles la chasse apportait un élément de réponse.

N’ayant pas de permis de détention d’armes, le même magistrat lui signalait qu’il ne pourrait pas utiliser celles de sa femme, ce qu’il reconnaissait bien volontiers.

Il lui demandait alors ce qu’il ferait en cas d’agression. Varg Vikernes/Louis Cachet répondait sans se démonter qu’un fusil non chargé était normalement suffisamment dissuasif et qu’en cas de légitime défense, l’utilisation des armes à portée était reconnue. Le magistrat insistait alors en lui demandant comment il agirait au cas où un inconnu menaçant s’introduirait dans sa maison. Varg Vikernes/Louis Cachet, les bras croisés sur la poitrine, lui déclarait alors tranquillement : “Je me débrouille très bien avec une batte de base-ball…”

Ce qui clôt le débat et l’intervention de ce magistrat.

Maître Julien Freyssinet, avocat de Varg Vikernes/Louis Cachet, prit alors la parole. Il commença par préciser qu’on ne pouvait parler d’atteinte à la sécurité de l’État qu’en cas de menace réelle, manifeste.

Or les arguments présentés par le Préfecture (et donc Manuel Valls) étaient spécieux et il s’étonnait qu’on n’ait pas agi plus tôt si son client était si dangereux et sous surveillance depuis déjà un an, voire plus.

Il martelait que les accusations de terrorisme s’étaient dégonflées d’elles-même dès les gardes-à-vue (38 heures pour Marie Cachet, 60 heures pour Varg Vikernes/Louis Cachet), alors qu’elles peuvent aller jusqu’à 140 heures, soit 6 jours dans le cas d’un risque actuel d’actes de terrorisme – cf article 706-88-1 du code de procédure pénale.

Il révéla que, contrairement à ce qui avait été dit dans la presse, son client n’avait toujours pas reçu de convocation à une audience à Paris le 17 octobre prochain et qu’il soupçonnait qu’il s’agissait là d’une tentative de déstabilisation de la commission par les services de Manuel Valls, dont le dossier était plus que maigre.

Il poursuivait en déclarant que les services de police avaient fait une erreur d’appréciation de la dangerosité de Varg Vikernes/Louis Cachet,

les expertises psychiatriques effectuées lors de sa garde-à-vue et celle de Marie Cachet n’ayant pas été versées au dossier car elles venaient justement infirmer celui-ci. Que la juge pour enfants ait admis que les leurs ne courraient aucun danger et les leur aient rendus était un signe supplémentaire.

Au contraire leurs enfants, qui sont suivis par les services sociaux, font preuve de beaucoup plus de maturité que ceux de leur âge. À 6 ans Tivar, l’aîné, parle et écrit couramment le français, parle norvégien et a déjà de solides bases en anglais, plus il sait déjà parfaitement compter et ses cadets ne présentent aucune carence éducative. Comme l’écrivait son père sur son blog, “justement parce qu’il ne va pas à l’école” !

Se replaçant sur le terrain du droit, il affirmait que Varg Vikernes/Louis Cachet n’avait jamais prôné la haine raciale sur son blog (Thulean Perspective) et que les articles cités par la Préfecture/Manuel Valls ne l’avaient pas été dans leur intégralité, avaient été triés, tronqués et sortis de leur contexte.

De plus on ne savait pas comment, par qui et quand les traductions avaient été effectuées. Beaucoup d’autres articles publiés sur le blog contredisaient ceux présentés par la Préfecture/Manuel Valls.

On avait laissé entendre qu’Anders Breivik lui aurait adressé l’un de ses manifestes avant de passer à l’acte. Faux :

Quand Varg Vikernes critique Anders Breivik

Varg Vikernes/Louis Cachet l’avait téléchargé comme des milliers d’autres gens après la fusillade d’Utoya pour prendre connaissance des motivations de Breivik.

Il s’était d’ailleurs rapidement opposé à lui, lui reprochant d’avoir tué plus de Norvégiens que les islamistes qu’il prétendait combattre et lui suggérant même de se suicider pour expier ses crimes.

Même si les articles incriminés avaient vraiment été de lui (ce qui est peu probable, vu qu’aucune procédure judiciaire n’a été lancée), ils ne mériteraient en rien une procédure d’expulsion.

De plus, il n’a jamais dit qu’il fallait prendre les armes pour exterminer telles ou telles personnes. Il se contentait de dire que si la culture française était menacée, le peuple devrait se défendre. Et que pour se défendre proprement, il devait tout d’abord se préparer.

Le survivalisme prêché par Varg Vikernes/Louis Cachet n’était pas une idéologie violente, agressive, mais un appel notamment à une autonomie alimentaire et énergétique, voire même économique, puisqu’on avait retrouvé au domicile des Cachet des monnaies anciennes qu’ils gardaient dans l’éventualité d’un krach financier pour relancer des échanges au niveau local.

Encore une fois pas de poursuite judiciaire, pas de danger pour la sécurité de l’État.

Il rappelait que Varg Vikernes/Louis Cachet avait accordé sans problème un entretien à une équipe de journalistes dont l’un était juif, que depuis 2010 et son arrivée en France, aucune procédure policière ou judiciaire n’avait été engagée contre lui et que c’était justement l’action des services de police à son encontre qui avait “boosté” l’audience de son blog et amené beaucoup de Français à s’intéresser à lui.

Sa femme était autoentrepreneur, lui-même vivait des revenus tirés de sa musique et la vente de ses livres et, en cas d’expulsion, leur cellule familiale risquerait d’être mise à mal, Marie Cachet devant rester en France plusieurs mois pour donner naissance à leur enfant et s’occuper de différents problèmes administratifs afférents à la demeure qu’ils louent et au terrain dont ils sont propriétaires et sur lequel ils comptaient bâtir.

Le 16 juillet 2013, les forces antiterroristes avaient pris leur maison d’assaut, tiré trois fois dans la porte et menottés puis embarqués leurs parents devant les enfants, ce qui avait déjà provoqué des effets néfastes sur leur santé physique et psychique. Enfin, en cas d’expulsion, les services compétents n’auraient plus la possibilité de contrôler les conditions de vie des enfants français.

Alors que la présidente lui demandait s’il avait quelque chose à ajouter, Varg Vikernes/Louis Cachet précisait que c’était les politiciens et non les policiers qui avaient demandé son expulsion, tout comme son arrestation l’avait été en juillet.

Le représentant de la Préfecture, qu’on n’avait plus entendu depuis son discours d’introduction et qui se recroquevillait petit à petit sur son siège au fur et à mesure que la partie adverse détruisait ses arguments, essaya une dernière estocade en demandant à Varg Vikernes/Louis Cachet quand il estimait que la crise nécessiterait que l’on passe de la défensive à l’offensive.

Il répondit que, de toute façon, les crises auraient lieu dans les villes et pas à la campagne. Il ajouta qu’aujourd’hui dans les villes, l’insécurité était due à des adolescents alors que dans les campagnes, elle l’était aux forces de police qui venaient sur ordre enfoncer la porte du domicile d’une famille tranquille à 6 heures du matin. Pour lui c’est le monde entier qui était en crise, pas seulement la France, et “survivalisme” rimait avec “autosuffisance”.

Alors que la présidente lui demandait s’il avait un exemple de ceci à leur faire partager, il déclara en souriant que c’est ce qui leur avait permis de rester cloîtrés une semaine dans leur maison alors qu’elle était encerclée par les journalistes !

Neo-Nazi musician arrested over 'major terrorist act' plot

La commission devant rendre son verdict dans les 30 jours suivant la convocation à se présenter devant elle, cela sera fait avant la fin de ce mois. Il est à noter que dans une procédure d’expulsion, c’est le Ministre de l’intérieur qui prend au bout du compte la décision et choisit de suivre ou non les recommandations de la commission.

Si, malgré un dossier rappelant les procès de Moscou, un plaidoyer digne et mesuré de Varg Vikernes/Louis Cachet et une défense en béton de Maître Julien Freyssinet, le musicien, auteur, survivaliste et père de famille norvégien devait être expulsé de France, on aurait alors la preuve que nous avons atteint la limite fixée par le survivalisme de la vieille école, à savoir que lorsque le gouvernement ne protège plus ses citoyens, mais est devenu une dictature au service d’une idéologie, l’alarme Code Rouge est déclenchée.

Source FORTUNE

Terroristes ? : Interview de Varg Vikernes et Marie Cachet

Notes:

(1)Kristian “Varg” Vikernes s’appelle désormais Louis Cachet. Cette identité qui figure sur son passeport norvégien depuis qu’il a épousé en 2008 Marie Cachet, citoyenne française dont il a pris le nom et changé son prénom, comme l’autorise la loi norvégienne).

(2)Kristian “Varg” Vikernes est né le 11 février 1973 à Bergen où il fonda le groupe de Black Metal Burzum, on lui doit la création du Mouvement Odaliste et du Front Païen Pangermanique. Condamné à 21 ans de prison en 1994 pour le meurtre le 10 août 1993 de Øystein Aarseth, alias Euronymous, ex-chanteur du groupe de Black Metal Mayhem auquel il appartenait.

Parallèlement à cela, il était également accusé d’avoir incendié trois églises et d’avoir détenu 150 kg d’explosifs, des détonateurs et 3000 cartouches retrouvés chez lui. Remis en liberté surveillée en mai 2009 après 16 ans de prison, il s’installait en France en 2010 avec son épouse française.

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