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Chypre chute de trois chez S&P

Une Chypriote présente un euro frappé de l’emblème de Chypre, le 31 décembre 2007 à Nicosie.

L’agence de notation Standard and Poor’s (SP) a enfoncé encore un peu plus mercredi la note de la dette de Chypre en catégorie spéculative, en l’abaissant de trois crans de « BB » à « B », critiquant l’« inaction » du gouvernement et le retard de l’aide internationale.

Pour justifier sa décision qui intervient moins de deux mois après sa précédente dégradation, S&P met en avant le fait que « le gouvernement n’a pas encore négocié un plan de sauvetage, tandis que les risques externes et budgétaires ont augmenté ».

« Nous pensons que des considérations électorales en vue de l’élection présidentielle prévue pour février 2013 ont contribuée à cette inertie politique », souligne l’agence de notation.

« Cela intervient dans une crise bancaire sévère, en partie déclenchée par l’implication des banques chypriotes dans la restructuration de la dette grecque début 2012, mais aggravée par la détérioration des portefeuilles de prêt des banques nationales et l’inaction budgétaire du gouvernement », critique S&P. La perspective de la note reste négative, ce qui signifie que S&P pourrait rapidement la détériorer de nouveau.

La semaine dernière, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et la zone euro ont appelé Chypre à parvenir rapidement à un accord sur le plan de sauvetage financier proposé par la troïka (UE, FMI, BCE) pour renflouer son économie.

Le ministre chypriote des Finances Vassos Shiarly a indiqué mercredi que son pays pourrait recevoir une visite de la troïka dès la semaine prochaine, pour négocier les termes d’un plan de sauvetage de l’économie de l’île.

AFP via Les Echos

Le Portugal peut-il être victime d’un scénario à la grecque ?

Les marchés craignent toujours un scénario catastrophe pour le Portugal. Si les objectifs à court terme sur le déficit public ont dépassé les attentes de la Troïka, le risque de dérapage budgétaire est toujours présent et le pays pourrait nécessiter d’autres mesures d’austérité.

Plein de bonnes raisons nous poussent à penser que l’Europe va mieux. Les Etats tout d’abord connaissent moins de difficultés à placer leur dette et ceci malgré la baisse des notations du FESF (Fonds Européen de la Stabilité Financière), et de la France. Les primes de financement à 10 ans ont elles aussi reflué. L’Italie emprunte désormais à des taux raisonnables et l’Espagne paie encore moins chers ses emprunts.

On peut dire que la gouvernance dans la zone euro a amélioré les choses mais c’est surtout de la BCE que vient cette sortie de crise : outre le fait qu’elle sécurise les financements, elle recrée surtout une incitation à détenir la dette des Etats grâce à son programme non conventionnel de LTRO à 3 ans (Long Term Financing Operations) à 1%. Les marchés financiers eux, se portent de mieux en mieux malgré les menaces des agences de notation.

Pourtant des signes avant-coureur peuvent inquiéter, et la récente mise en défaut de la Grèce par l’ISDA ne vient pas arranger les choses : Doit-on s’inquiéter réellement de tout cela jusqu’à croire que le Portugal sera la prochaine Grèce ? En effet, malgré des avancées certaines en Europe (le nouveau traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union européenne), les rendements portugais ont atteint de nouveaux records, en avoisinant constamment en ce moment les 14%. Depuis l’abaissement de la note souveraine portugaise au rang d’investissement spéculatif « lixo », en portugais, c’est-à-dire « poubelle », les marchés, bien qu’ayant intégré dans les cours de bourse la plupart des plans d’aide financière et des difficultés de la coopération en Europe, craignent toujours un scénario à la Grecque pour le Portugal qui serait contraint de solliciter une nouvelle fois l’aide internationale. C’est pourquoi les rendements à 10 ans ne cessent de se tendre et dans ces conditions, les CDS sur le Portugal atteignent eux aussi des niveaux record.

Pourtant le Portugal sous assistance financière depuis mai 2011 diffère en de nombreux points de la Grèce. Il y a d’abord ses efforts dans la consolidation budgétaire qui apporte des résultats tangibles. Après 9,8% du PIB en 2010, le déficit public est retombé à près de 4% en 2011, soit mieux que l’objectif assigné par la Troïka. Cette amélioration résulte d’un transfert exceptionnel en provenance des fonds de pension du secteur bancaire. Elle ne sera donc pas reconduite en 2012.

Et malgré tout cela, il semble que la situation économique du Portugal s’aggrave avec une contraction du PIB d’environ 5% en 2012, contre 3% selon les prévisions officielles après déjà un repli de 2% en 2011. Il y a donc il faut le dire, un risque de dérapage budgétaire, qui nécessitera un autre round d’austérité qui pèserait sur la croissance. Nous voilà au cœur du paradoxe de Zénon…

http://www.atlantico.fr/decryptage/portugal-victime-scenario-grecque-deficit-public-austerite-pascal-lima-311102.html

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