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L’absurde repentance de François Hollande

Faire table rase du passé, c’était un peu le mot d’ordre de François Hollande lors de sa visite en Afrique pour le 14ème sommet de la francophonie. Outre la démocratie, il a voulu marquer les esprits sur sa prise de position concernant l’esclavage pour lequel il a exprimé des regrets plutôt inattendus.

Le président vient de se prononcer à Dakar pour une « réparation » du crime que fut l’esclavage.  Ce mea culpa me paraît discutable dans la mesure où l’esclavage se confond avec l’histoire de l’humanité et non pas avec l’histoire de France, comme le montre un expert de ce sujet:

« L’esclavage est une période de l’histoire universelle qui a affecté tous les continents, simultanément parfois, ou en succession. Sa « genèse » est la somme de tout ce qui est advenu pendant un temps indéterminé dans divers lieux. La traite africaine des esclaves vers le Maghreb, puis en Europe, qui est à l’origine de l’esclavage en Afrique noire, n’a fait que prendre la relève des traites qui duraient depuis des siècles en Asie, sur le continent européen et autour de la Méditerranée. Les Slaves ont fourni leur contingent de « slaves », les Esclavons, d’esclaves, nos ancêtres les Gaulois vendaient régulièrement leurs captifs d’Angleterre aux Romains, les Vikings en capturaient et en vendaient au long de leurs cabotages. Pirates musulmans et chrétiens se capturaient mutuellement… L’esclavage était amorcé depuis longtemps et il faudrait, pour l’expliquer en Afrique, en expliquer l’apparition sur le continent euro asiatique. Pourtant c’est paradoxalement en Afrique, le dernier des contingents ayant fourni la traite, que l’on cherche encore une explication originelle à l’esclavage. » Claude MEILLASSOUX Anthropologie de l’esclavage le ventre de fer et d’argent – PUF 1986.

Ce n’est donc pas la France, par la voix de son président, qui devrait se repentir, mais l’humanité toute entière. Quand « Matignon » annonce que sont à l’étude les « moyens de réparer l’esclavage », à quoi pense-t-on? A réparer l’histoire de l’humanité depuis les origines ? Je doute que le budget de l’Etat, avec son déficit de 5,2% du PIB, y suffise…Bref, au fond, ne faudrait-il pas tout simplement, dans cette logique, se repentir d’être des hommes?

Ajoutons que ce repentir français à propos de l’esclavage est d’autant plus étrange que la France a été le premier pays de l’histoire du monde à abolir l’esclavage, par décret de la Convention du 27 avril 1794, montrant ainsi l’exemple, avant même le décret du 4 février 1848 de la Seconde République, rendant cette abolition définitive. Napoléon Ier, la Restauration puis la monarchie de Juillet et la Seconde République ont à plusieurs reprises interdit « la traite négrière« . Un jour, en 2008, en visite au Gabon, j’ai fait la connaissance d’un haut fonctionnaire d’une soixantaine d’années, grand, mince, petite moustache. « Les Gabonais ont un regret me dit-il de se voix grave et douce, celui de s’être séparés de la France en 1960. La France, nous l’aimons comme notre propre pays en souvenir des navires de guerre français, qui sillonnaient les côtes africaines, au XIXème siècle, pour frapper les trafiquants d’esclaves. »

Qu’il y a-t-il derrière l’idéologie de la repentance en général? La haine de soi bien sûr, la haine de la nation, la haine de la France. On efface les victoires, les moments de gloire, de grandeur et de réussite mais on s’invente, on se fabrique des crimes à soi, des crimes odieux dont on s’accable avec délectation pour mieux s’auto-détester. Comment ensuite, accepter d’appartenir à un pays aussi coupable ? Dès lors on encourage la dissolution, la fragmentation, les particularismes, le repli identitaire, au détriment de la communauté nationale. La repentance exacerbée est un moyen détourné, dissimulé, masqué bien entendu, de se débarrasser de la France en catimini. Elle ouvre la voie à la division et à la discorde civile, préparant ainsi de futurs malheurs.

Atlantico

Quand les idéologues antiracistes refusent de voir l’esclavage pratiqué dans les pays musulmans

En 2006, Christiane Taubira estimait qu’il ne fallait pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane lorsqu’on parlait d’esclavage. Celle-ci continue pourtant de nos jours .

Atlantico : Dans un article de L’Express, Christiane Taubira estime qu’il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane lorsqu’on parle d’esclavage. Elle parlait bien sûr du passé. Et pour cause : il paraît difficile dans l’état actuel des modes de pensée d’accepter l’idée que des victimes puissent être bourreaux. Pourtant, vous expliquez que c’est un phénomène toujours existant.

Jean-Patrick Grumberg : Exactement, c’est un phénomène quotidien. Il continue essentiellement dans les pays musulmans, notamment la Mauritanie qui a par trois fois édicté des lois pour interdire l’esclavage, sans succès. L’ambassadrice des États-Unis en Mauritanie, Joe Ellen Powell, a d’ailleurs déclaré en mars 2012 sur CNN que l’esclavage est un problème de tous les jours, répugnant, et qu’elle travaillait activement pour lutter contre cela.

Une militante des droits de l’Homme, Amel Daddah, docteur en sociologie, et mauritanienne, a elle déclaré que cette question est une partie intégrante de l’Islam.

Je pense qu’avec persévérance, une bonne connaissance du terrain et de l’éducation, il y a de fortes chances pour qu’un jour – s’il y a une volonté politique et des moyens financiers – ils arriveront à régler le problème. Mais il n’existe pas qu’en Mauritanie : dans les pays du Golfe, des enfants pakistanais sont importés par centaines pour servir de jockeys dans les courses de chameaux, qui sont très prisées par les princes du pétrole.

Comment fonctionne ce trafic ?

De la même façon qu’au 18e siècle : il y a de véritables marchés aux esclaves, où les parents vendent pour quelques dollars – 3 dollars actuellement – leurs enfants. Il y a tout un marché mis en place et ces princes du pétrole viennent et font leur marché. Ils prennent les enfants qu’ils considèrent aptes à participer aux courses de chameaux.

Il y a aussi un marché interne. En Mauritanie, ce sont des musulmans maures blancs, les Bidhans, qui s’occupent de la traite des musulmans maures noirs, les Haratines. Il y a tout un mouvement de populations à l’intérieur de la Mauritanie qui alimente cet esclavage contemporain.

Il y a dans les tréfonds de la civilisation islamique un racisme vis-à-vis des noirs profondément ancré, qui fait du noir une race inférieure, qu’il soit musulman ou pas. On a d’ailleurs vu en Libye, après la chute de Kadhafi, un certain nombre de noirs parqués comme des animaux et massacrés pour la couleur de leur peau.

Comment expliquer que personne, à part les ONG, ne met l’accent sur ce problème ?

Ca serait un renversement du paradigme de la victime. Il parait aujourd’hui difficile, dans l’état actuel des modes de pensée, d’accepter l’idée que des victimes puissent être bourreaux en même temps. On prend a peine conscience de ce phénomène dans les milieux victimaires. Ces gens qui résonnent par cliché, par idéologie, n’arrivent pas à admettre que les musulmans, de pays africains, donc victimes nommées de l’esclavagisme venant des blancs, puissent être eux-même esclavagistes.

Il y a énormément de manières de se voiler la face. Quand j’ai écrit pour la première fois sur le sujet, mes lecteurs m’ont répondu : « Oui, mais il y a aussi de l’esclavage en Chine. On fait travailler des enfants pour quelques bols de riz pour fabriquer des téléphones portables ». C’est une façon de relativiser, d’éviter d’aborder le sujet. Il y a mille façons de le nier.

Pourquoi des grands émirs, qui disposent pourtant de sommes colossales, ressentent-ils le besoin d’avoir des esclaves ?

Je crois que c’est un problème de société, de culture profond, que nous ne pouvons pas analyser totalement, faute d’éléments. Je pense qu’il y a un phénomène culturel ancré profondément dans la religion, et que cette question va au delà du simple confort, de la commodité. C’est, je crois, une coutume, comme la polygamie, la place inférieure réservée aux femmes, le traitement des homosexuels, l’interdiction de l’apostasie…

Vous estimez qu’à force d’éducation et de moyens, ce phénomène pourra être éradiqué. La Mauritanie, malgré plusieurs lois, ni arrivent pas seule. Y-a-t-il un devoir d’ingérence humanitaire de la part des pays occidentaux ?

Il y a un aspect très profondément politiquement incorrect dans votre question, qui a trait au sort des pays africains. L’Histoire nous montre que, hélas, les pays africains vivent dans un état de tiers-mondisme quasi permanent et que finalement, au-delà de l’idéologie colonialiste et de-colonialiste, ce que nous avons de mieux à faire c’est de les aider de manière constante. Une des aides que nous pourrions leur apporter, c’est de les aider à se débarrasser de ce fléau. C’est une tâche hautement humaniste.

Atlantico

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