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Gérard Klein : La fin du mythe de « L’instit »

Dans son autobiographie, Pierre Grimblat, scénariste, producteur et réalisateur de « Navarro », « Le Tuteur », casse le mythe de la série « L’instit ». 

Gérard Klein, qui incarne le gentil professeur à la voix douce, soucieux du bien-être de ses élèves, ne serait pas aussi parfait qu’on l’imagine. Devenu globe-trotter pour l’émission « L’Amérique dans tous ses états », diffusée sur « TV5 Monde » et « Voyage », Gérard Klein ne serait pas du tout sympa avec les enfants en détresse.

Autre révélation-choc : la série aurait vu le jour à des fins politiques. François Mitterrand aurait fait la demande à Roger Hanin, son beau-frère qui a joué Navarro de 1989 à 2007, qu’une production exaltant les valeurs républicaines soit réalisée pour contrer la montée du Front National dans les sondages. Pour faire fonctionner cette stratégie, il fallait que deux épisodes de « L’instit » soient diffusés avant les élections, et un troisième entre les deux tours.

Jean-Marc Ayrault en voie de « Cressonisation » ?

13 septembre 2012 Laisser un commentaire

Depuis l’interview du président de la République sur TF1 dimanche dernier, les hommes de l’Elysée ont retrouvé des couleurs. La plupart des collaborateurs de François Hollande partagent le sentiment que le chef de l’Etat a fait le job comme on dit, en expliquant qu’il souhaitait « accélérer » le rythme des réformes, sans donner l’impression de paniquer sous la pression des mauvais sondages.


En revanche, l’inquiétude continue de se propager dans les rangs socialistes concernant le cas Ayrault. Son inexpérience dans la gestion des affaires de l’Etat et la platitude de ses interventions médiatiques désespèrent jusqu’à ceux qui soutenaient sa candidature à Matignon. Plus grave encore, certains stratèges gravitant autour de l’Elysée doutent de la complémentarité du duo de l’exécutif. En clair, à côté du « président normal », combien de temps les Français vont-ils supporter un Premier ministre banal ? Si l’on en croit les études qui se succèdent depuis quelques semaines, pas très longtemps. Un proche du président de la République n’hésite pas à comparer l’ »anti-Ayrault » à Edith Cresson, la trouvaille de François Mitterrand qui n’avait pas tenu un an à Matignon. Chef du gouvernement du 15 mai 1991 au 2 avril 1992, son mandat à ce poste demeure le plus court de la Ve République.


Une éviction prématurée de Jean-Marc Ayrault obligerait quasiment François Hollande à appeler à ses côtés Martine Aubry, la socialiste la plus légitime pour occuper cette fonction.

Finaliste des primaires citoyennes, patronne du PS pendant la campagne présidentielle, elle a exercé plusieurs responsabilités ministérielles sous François Mitterrand puis au sein du gouvernement Jospin entre 1997 et 2002. Ce choix, Hollande aurait déjà dû le faire au mois de mai s’il s’était laissé guider par la pure logique politique. Mais préférant à cette dernière la fidélité, voire la facilité, il a décidé de nommer Jean-Marc Ayrault avec lequel il forme un tandem de novices qui ne convainc guère depuis quatre mois.

Malgré ces débuts hésitants, on continuer de penser à l’Elysée qu’Ayrault ne s’usera pas si vite, laissant à l’un des quatre « Rastignac » du gouvernement – Valls, Moscovici, Peillon et Montebourg – le temps de s’imposer comme le Premier ministre dynamique et populaire de la seconde partie du quinquennat. Celui qui préparera le terrain à la réélection de François Hollande en 2017.

Atlantico

François Hollande et les signes avant-coureurs d’un retour à l’Etat 100% PS

Par Alain Dumait pour Atlantico

Derrière les hommages appuyés à Jules Ferry et Marie Curie et la priorité donnée à la Justice et l’Education, les appels du pied à des clientèles traditionnelles du PS… Que dire par ailleurs d’un gouvernement essentiellement constitué de fonctionnaires : toutes les initiatives et décisions prises par le nouveau président vont dans le sens d’un retour à l’Etat 100% PS…

Que François Hollande n’ait pas raccompagné son prédécesseur à sa voiture juste avant sa prise de pouvoir officielle, le mardi 15 mai, relève de la simple grossièreté. Qu’il n’ait pas trouvé un seul mot positif pour évoquer l’exercice et le bilan de son mandat, montre son sectarisme. Mais avoir cru devoir inviter pour son premier déjeuner à l’Elysée tous les anciens premiers ministres socialistes, avec les épouses ou compagnes, est beaucoup plus symbolique de la ligne adoptée par ce nouveau gouvernement : le retour à un Etat 100% PS.

Toutes les initiatives et décisions prises par le nouveau président vont dans ce sens-là. En commençant par ses hommages à Jules Ferry et Marie Curie, avec ses priorités répétées à L’Education et la Justice. Il est permis d’avoir une dilection particulière pour telle ou telle grande figure historique. Concernant celles sélectionnées par le nouveau chef de l’Etat, on a bien compris qu’il ne s’agissait que d’emblèmes. En choisissant de se rendre au Panthéon, François Mitterrand avait été plus œcuménique…
Affirmer que l’éducation et la justice seront les priorités de ce gouvernement peut sembler sympathique. Qui pourrait être contre ? Mais beaucoup d’autres «priorités» s’imposent tout autant, et sont pareillement indiscutables : «la création», «l’esprit d’entreprise», «l’esprit civique», «la culture», «la famille», «les valeurs», «la qualité de la vie»… Il se trouve – et ce n’est pas un hasard – que l’éducation et la justice s’incarnent dans des corps administratifs, noyautés par des syndicats, qui, avec ceux de l’administration des finances, constituent les fers de lance de l’appareil et des troupes du Parti socialiste. L’hommage du président de la République avait donc aussi un coté «bons comptes-bons amis». Il ne faut pas oublier que le siège du PS, rue de Solférino, fut, au départ, financer par la nébuleuse des mutuelles de l’Education Nationale (qui, ensuite, devait renflouer le journal «Le Monde»…)

Certains ont trouvé admirable que François Hollande et Jean-Marc Ayrault aient été capables de respecter à la lettre le principe (parfaitement débile) de la parité entre les hommes et les femmes ministres. Au delà, on remarquera que ce gouvernement est constitué à 100% de fonctionnaires, de professionnels de la politique et de personnes dont les ressources proviennent en totalité de l’argent public. Nous entrons dans une ère de parti unique socialiste, élargi aux supplétifs de la pseudo écologie et à un soi-disant parti radical. Tous sont issus de la sphère publique. Ils ne peuvent qu’être dévoués à son service.
Un tel système n’a aucune chance de réussir. En tout cas en termes de création de richesses et d’emplois. Ce sera comme en 1936 ou 1981. Pour les mêmes raisons. Sauf qu’un Etat, même détenant tous les pouvoirs, qui doit emprunter sur les marchés financiers 500 millions d’euros par jour au titre du paiement de ses dettes, pour faire ses fins de mois, est comme «sous tutelle». Le moindre  faux pas, la première bourrasque lui sera fatal. Cette issue, sans doute dramatique, est certaine. Dans quel délai ? C’est toujours la question la plus difficile. Quelques mois, quelques années…

«Tous les présidents français ont menti»

Pendant deux ans, Denis Demonpion et Laurent Léger ont enquêté sur la santé des présidents. Dans leur livre*, ils révèlent que François Mitterrand a reçu une injection pour mettre fin à ses jours et que Nicolas Sarkozy prend des médicaments énergisants non autorisés en France.

La santé des chefs d’État reste un sujet tabou, malgré de nombreuses promesses de transparence. Vous a-t-il été difficile de recueillir des informations?

Nous avons pu interroger de nombreux proches – des gardes du corps, des conseillers et des médecins de présidents français -, qui se sont montrés très coopératifs. La notion de secret médical est très élastique quand il s’agit d’un chef d’État. Un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme datant de 2004 stipule en effet qu’il s’applique à tous sauf au chef de l’État, pour lequel c’est le droit de l’information qui prime compte tenu de la responsabilité qui est la sienne.

En revanche, les hommes d’État rechignent à paraître diminués…

Ils ont horreur de ça, et tous, qu’ils soient de droite ou de gauche, essaient de se montrer au mieux de leur forme. Nous racontons par exemple comment Chirac s’est organisé une sortie magistrale du Val de Grâce après son hospitalisation pour un accident cardio-vasculaire en 2005. Les médecins nous ont raconté qu’il avait souhaité que tous soient là pour l’escorter. C’était une manière de dire aux Français: “Regardez, je suis un surhomme.”

Vous révélez que François Mitterrand, atteint d’un cancer de la prostate depuis 1981, demande le 6 janvier 1996 que l’on mette fin à ses souffrances au moyen d’une injection par intraveineuse, qui lui est administrée par un médecin dont le nom est tenu secret. Un acte illégal à l’époque…

L’information nous a été confirmée par plusieurs personnes. Jusque-là, il y avait beaucoup d’interrogations sur la mort de François Mitterrand. Depuis, il y a eu la loi Leonetti sur l’accompagnement de la fin de vie qui a donné un cadre légal à cette pratique, déjà connue. Même si aujourd’hui les faits sont prescrits, nous protégeons l’anonymat de ce médecin.

Fait plus amusant, vous racontez que le malaise vagal de Nicolas Sarkozy à la Lanterne en juillet 2009 s’est accompagné d’une certaine pagaille parmi les secours…

Dans un premier temps, les gardes du corps se précipitent. Le Samu suit après environ une demi-heure. Le médecin voit tout de suite qu’il n’y a pas d’organe vital touché, même si le malaise mérite d’être pris en considération et requiert des examens complémentaires. Au moment de transporter le chef de l’État à l’hôpital en hélicoptère, c’est la confusion entre secours civils et militaires, sur l’appareil à utiliser, car il y a des préséances. C’est d’ailleurs récurrent avec tous les chefs d’État, ces rivalités plus ou moins vives entre les différents médecins: militaire, civil, personnel…

Vous dites aussi que Nicolas Sarkozy prend pour «tenir» des médicaments n’ayant pas reçu l’Autorisation de mise sur le marché de l’Agence du médicament, nécessaire à leur commercialisation en France. Est-ce répréhensible?

Ce n’est pas illégal. Il s’agit simplement de produits que l’on ne peut acheter qu’à l’étranger. Ce sont des remontants, des substances énergisantes que prennent en général des sportifs. Je ne suis pas médecin, et même si j’imagine que ce n’est pas sans risque, je pense aussi que Nicolas Sarkozy doit solliciter l’avis médical de son entourage.

Vous mettez aussi en lumière l’insistance de Bernadette et Claude Chirac pour minimiser la gravité de l’accident cardio-vasculaire du chef de l’État en 2005.

Voir la femme et la fille du président peser sur la rédaction des communiqués des médecins, c’était du jamais vu! Tous les communiqués devaient être minimaux et ils l’ont été: ils évoquent un accident vasculaire mais ne disent dit nulle part que cela s’est produit au cerveau. On ne l’a su que des jours plus tard, à sa sortie. D’ailleurs cette intervention de l’entourage du président a provoqué un incident avec le Conseil de l’ordre des médecins, qui y a vu un abus. Les médecins militaires se sont ensuite rebiffés à leur manière, en faisant savoir qu’il était interdit à Jacques Chirac de voyager en avion – un indice sur la gravité de l’incident.

Constate-t-on une évolution vers plus ou moins de transparence?

Tous les présidents ont menti par action, de Pompidou à Sarkozy, De Gaulle étant le seul à n’avoir menti que par omission puisqu’il n’avait jamais promis de communiquer sur sa santé.

* Le Dernier Tabou: révélations sur la santé des présidents, de Denis Demonpion et Laurent Léger, Éditions Pygmalion, 19,90 euros.

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/04/10/17947-sante-tous-presidents-francais-ont-menti

La connivence de la gauche et de la finance, de Voltaire à Mitterrand

Le Point : Les principaux leaders de gauche ont rarement le statut social et patrimonial de leurs idées. Comment l’analysez-vous ? 

Max Gallo : C’est le cœur du problème politique de la gauche depuis des décennies, sinon depuis son origine. Le fondement de l’inégalité parmi les hommes, selon Rousseau, c’est la propriété. Les leaders de gauche évoluent, en outre, dans le pays d’une France catholique ayant un rapport particulier à l’argent. Un pays où l’égalité est la clé de voûte des valeurs républicaines. La gauche s’est donc drapée dans une sorte d’ascétisme. Pensons au Parti communiste, qui exigeait de ses élus qu’ils logent dans des habitations à loyer modéré et qu’ils donnent la totalité de leurs émolument au parti. Dans le même temps, Léon Blum était accusé de déjeuner dans une vaisselle en or… Il existait déjà ce conflit entre l’accusation de mode de vie et le propos. Le propos était notamment de présenter la droite comme liée à l’argent. Quand François Hollande critique la finance, cela fait écho. Son discours consiste à dire « Nous sommes la pureté par rapport à l’argent qui corrompt » et « Nicolas Sarkozy est le Fouquet’s, le président des riches ».
Le rapport de la gauche à l’argent a bien changé…
Il a changé non pas avec l’arrivée de François Mitterrand à la tête du Parti socialiste, en 1971, mais avec le tournant de 1983. Cela dit, à mes yeux, la vraie rupture a eu lieu en Mai 68 et elle est intégrée politiquement en 1981. La génération 68 arrive au pouvoir et s’accommode de la libre circulation des capitaux, de l’économie de marché et des années fric. « Treize ans déjà, coucou nous revoilà! » ai-je entendu dans un cortège en mai 1981. Comme il est donc curieux, aujourd’hui, d’entendre François Hollande stigmatiser la finance et les riches, alors que nous avons eu un socialiste directeur général du FMI, qu’un autre est responsable de l’OMC et un troisième de l’Autorité des marchés financiers.
Pourquoi la gauche n’a-t-elle jamais pu se doter d’un chef issu du prolétariat ? De Jaurès à Mitterrand, la bourgeoisie a dominé…
En effet. Dans l’histoire de France, il y a eu un compromis passé entre les puissances d’argent et la gauche. Au XVIIIe siècle, Voltaire fait partie des vingt plus grandes fortunes françaises. Il n’avait pas le même rapport que Rousseau à la société, aux institutions, à l’argent… Or personne ne niera que Voltaire était un défenseur des droits de l’homme. La France est le pays où il existe à la fois un discours radical et des intellectuels de gauche porteurs de ce discours et membres du système qu’ils dénoncent.
Avant d’être Premier ministre, Pierre Bérégovoy a été fraiseur, cheminot… Une exception qui pourrait se reproduire, selon vous ? 
Malheureusement, je ne le crois pas. Il faut être issu de la caste pour être reçu au festin du pouvoir. Pierre Bérégovoy était un homme intègre avec un parcours original. Il s’est suicidé après avoir été pris dans une tourmente financière personnelle. On lui a prêté de l’argent et on l’a maintes fois accusé de corruption. Son cas est emblématique, pour les couches populaires, de la tragédie que représente la conversion à l’argent.
L’honneur n’est-il pas du côté des nantis qui réclament à leur détriment une justice fiscale ? 
Il est vrai que les élites de gauche sont souvent constituées de gens qui ont renoncé à leur statut privilégié. Mais il faut qu’elles aillent jusqu’au bout : il ne faut pas se servir de ce thème de l’argent comme d’un leurre. Pour imposer au système une régulation, il faut rompre avec lui. Il faut être radical. Or on a constaté l’inverse, c’est-à-dire l’absorption par ce milieu de la finance des leaders de gauche. Une connivence s’est créée.
Le problème n’est-il pas d’abord celui d’une éthique du comportement de la part des élus riches ? A droite, Borloo, beaucoup plus riche que Sarkozy, fait homme du peuple…
Absolument et c’est primordial. Mais les politiques qui oublieraient la valeur d’égalité, qui est le ressort de notre Histoire, sont menacés d’être rejetés. Les théoriciens de la gauche ont d’ailleurs remplacé ce mot d’égalité par équité. L’équité, c’est la justice, la morale. L’égalité, c’est l’égalité réelle, dans les faits.

Le Point n°2060 du 8 au 14 mars 2012

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