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Au Brésil, des journaux heureux d’avoir quitté Google News

23 octobre 2012 1 commentaire

Alors qu’un bras de fer s’engage en France entre les journaux et Google, l’exemple brésilien montre qu’il y a une voie en dehors du moteur de recherche.

L’Association nationale des journaux (ANJ) brésiliens affirme ne pas regretter d’avoir poussé ses adhérents à se retirer de Google News en 2011, en plein bras de fer entre Google et le gouvernement français autour d’une taxe sur les moteurs de recherche.

« Nous sommes parvenus à la conclusion que notre présence sur Google News ne contribuait pas à l’augmentation de nos audiences digitales », a déclaré le président de l’ANJ, Carlos Fernando Linderberg Neto, dans une interview au Knight Center for journalism in the Americas. Au contraire, « avec le retrait des journaux de Google News, la plupart des internautes qui cherchaient de nouveaux contenus sur ce moteur de recherche ont commencé à chercher directement sur les sites web des journaux », assure-t-il.

Les 154 titres adhérents à l’ANJ -plus de 90% des journaux brésiliens-ont décidé l’an dernier de sortir de Google News, car le géant américain refusait de les rétribuer pour l’utilisation d’une partie de leurs contenus. « L’ANJ défend cette politique. Et même si nous reconnaissons qu’il y a eu une perte de trafic de lecteurs internautes, d’environ 5%, c’est le prix à payer pour la protection du journal et de sa marque », déclare le secrétaire général du Comité des stratégies digitales de l’ANJ, Carlos Müller.

La décision des journaux brésiliens a été adoptée en deux étapes, a expliqué M. Müller. « Ils ont d’abord conclu que la plupart des lecteurs se contentaient des trois premières lignes des articles publiés sur Google News » et ne cliquaient donc pas sur le lien vers leur site. Ils ont donc essayé de limiter leur présence à une seule ligne, en gros le titre de l’article. « Mais ils se sont rendus compte que les lecteurs se sentaient également satisfaits et ont donc quitté Google. L’ANJ continue de plaider pour une solution négociée avec Google.

Le retrait des journaux brésiliens de Google News concerne surtout les contenus de leurs versions imprimées. La plupart des sites de grands journaux, comme celui du quotidien O’Globo, continuent d’être référencés sur Google.

Le géant américain a menacé cette semaine de ne plus référencer les médias français si le gouvernement français instaurait une taxe sur les moteurs de recherche pour rétribuer les éditeurs de presse.

AFP via Les Echos

Smartphones. Des virus à 500.000 euros

https://i0.wp.com/media.lelombrik.net/16501-17000/16855.jpgUn jeune homme de 20 ans a été arrêté mardi à Amiens, soupçonné d’avoir mis au point un virus à destination des smartphones sous logiciel Android qui aurait fait un total de 17.000 victimes pour un préjudice supérieur à 500.000 euros. Le jeune homme aurait mis au point plusieurs dizaines de types de virus depuis 2011, à destination de smartphones fonctionnant avec le système d’exploitation de Google, Android.

Ce surdoué de l’informatique mettait à disposition des logiciels gratuits à télécharger qui, sans que l’utilisateur ne s’en rende compte, composaient des numéros de téléphone surtaxés. Les utilisateurs recevaient alors des SMS contenant des codes qui permettaient, à leur tour, des micro-paiements via des sites piratés.

Le jeune homme a été présenté au parquet d’Amiens, placé sous contrôle judiciaire et mis en examen pour escroquerie et piratage.

Selon le cabinet Gartner, Android s’adjugeait au deuxième trimestre 64% des ventes du marché mondial des smartphones, devant Apple qui équipait lui 18,8% du marché avec ses iPhones. Le géant américain de l’internet Google a dépassé fin septembre le cap des 25 milliards de téléchargements dans son magasin d’applications pour appareils mobiles fonctionnant avec le système d’exploitation Android, Google Play.

Selon plusieurs experts de la sécurité informatique, Android, qui est bâti sur un modèle plus ouvert que l’App Store d’Apple, est plus attaqué par des programmes malveillants en raison notamment de la différence d’approche entre Google et Apple quant à la gestion de la sécurité leurs parcs d’applications.

Le Télégramme

Google dévoile ses célèbres centres de données

https://i2.wp.com/bricologie.free.fr/photos/analy.jpgEvoquant la sécurité et la protection des données des utilisateurs, Google refuse les demandes de visites des «data centers». Mais lève un coin du voile avec des photos.

Le géant américain de l’Internet Google a donné pour la première fois mercredi un aperçu de ses centres de données, en publiant des photos d’une série de serveurs qu’il utilise aux Etats-Unis et en Europe. Une grande première, tant ces installations sont jugées extrêmement sensibles.

« Nous avons eu des dizaines, si ce n’est des centaines de demandes pour des visites de nos centres de données », a expliqué Joe Kava, un responsable des serveurs chez Google. «Nous ne pouvons pas faire ça», a-t-il ajouté, invoquant « la sécurité et la protection des données de nos utilisateurs ».

« Mais puisque nous ne pouvons pas faire venir le public à l’intérieur, nous voulions apporter (des vues de) l’intérieur au public », a-t-il encore dit. Google dispose selon lui de neuf centres de données opérationnels dans le monde, et quatre autres sont en construction.

Les Echos

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Le web sémantique est un enfermement progressif

Dans la tarte à la crème que devient la définition d’un web 3.0 sans cesse en devenir, on évoque toujours curieusement l’avènement du web sémantique, ce système dans lequel le réseau comprendrait instinctivement nos demandes.

Point pourtant besoin de carburer à la surconceptualisation et de futuriser ce qui existe déjà dans le temps présent.

Le web sémantique est actuellement l’ensemble de technologies développé par le W3C (l’un des principaux organismes de normalisation du Web) visant à faciliter l’exploitation des données , en permettant leur interprétation par des programmes et des machines. Il se décline d’ailleurs dans un usage de plus en plus couru : le web de données. Celui-ci mélange les technologies du Web sémantique avec les principes de base (Identifiants etc…) avec pour objectif la construction d’un réseau d’informations structurées et facilement réutilisable dans de nombreux contextes.

C’est d’ailleurs ce modéle qu’utilisent entre autres deux sociétés aussi classiques aujourd’hui que Facebook et Google. Cela a été dit de nombreuses fois, Facebook, comme l’est également par exemple Pinterest, est une gigantesque machine à observer et gérer vos comportements. Les importantes modifications survenues en septembre dernier sont d’ailleurs toutes allées dans le sens d’une collecte de plus en plus grande avec par exemple la possibilité de partager ses goûts musicaux en temps réel sur le réseau via une interconnection avec Deezer et Spotify.

Sur votre fil d’actualité apparait, de façon de plus en plus affinée, les informations des gens avec qui vous interagissez le plus par vos commentaires, vos likes, vos listes etc…et de moins en moins les autres. Du coup d’outil de communication de réseau plus ou moins vaste, vous passez à la discussion en petit groupe. Plus vous interagissez avec les uns, moins vous découvrez les autres, plus vous avez d’efforts à faire pour découvrir ce qu’ils ont à dire et à les découvrir en ligne.

Sur Google aussi, la chose existe depuis bien longtemps. C’est même la base du moteur puisque ce sont les liens jugés les plus pertinents par les internautes qui sont privilégiés. Le concept s’est bien sûr renforcé avec la géolocalisation. Tapez le terme « restaurant » depuis un ordinateur situé à Lyon et sur un autre à Tours, les résultats ne seront pas les mêmes. Google plus a encore renforcé cette aspect, en permettant à ses usagers de recommander à leurs contacts des résultats de recherche. Les liens ainsi recommandés amènent à ce que l’internaute perçoive en priorité les résultats de ses cercles « d’amis »…

De plus en plus, cette dimension sémantique prend le pas. C’est parfois fort utile pour trouver exactement ce que l’on cherche mais risque à terme de nous enfermer dans un simple cocon, freinant là aussi notre possibilité de découvrir, mettant le mot sérendipité dans le rayon poussiéreux d’un passé révolu.

Ce risque de fragmentation sociale online existe : reprenons le cas de Google et des moteurs de recherche en général. Leur fonctionnement optimal (et leur business modèle de publicités personnalisés) est basé sur le fait d’arriver à trouver au plus facilement ce que veut celui qui les utilise et éliminer ce qui est non pertinent.

Dans cet esprit se pose la question de l’apprentissage de la machine. Prenons le cas d’un internaute qui taperait  » Elysee » sur google en cherchant non la résidence du président de la république mais le théâtre du même nom. Au départ la machine propose d’abord comme résultat le plus courant et le mieux référencé des résultats donc, celui du Palais Présidentiel. Mais au bout de plusieurs reprises où l’internaute aura en lieu et place cliqué sur le lien du site du théâtre, la machine le lui proposera alors spontanément en premier résultat. Voila un formidable défi pour les référenceurs-qui est d’ailleurs aussi un moyen pour Google de rendre ses publicités encore plus indispensable en marginalisant un peu le référencement naturel-.

C’est aussi, sous des abords pratiques (plus besoin de fouiller dans les résultats pour trouver le théâtre de l’Elysée ou qu’on me propose des restaurants tourangeaux en lieu et place d’établissements situés à Lyon) le risque d’enfermement dans une bulle, fin partielle de cette promesse d’ouverture généralisée que promet pourtant le web.

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/le-web-semantique-est-un-113718

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Comment j’ai pourri le web

BLOG : LA VIE MODERNE mercredi 21 mars 2012 12:14 –  Écrit par Loys

Préambule

Pendant ma première année au lycée, j’ai donné à mes élèves de Première une dissertation à faire à la maison. Avec les vacances scolaires les élèves avaient presque un mois pour la rédiger : c’était leur première dissertation de l’année.

Plus tard, en corrigeant chez moi, je me suis aperçu que des expressions syntaxiquement obscures étaient répétées à l’identique dans plusieurs copies. En les recherchant sur Google, j’ai trouvé des corrigés sur un sujet de dissertation voisin vendus à 1,95€. Interloqué, j’ai immédiatement arrêté de corriger les copies, ne sachant plus à quoi ou à qui j’avais affaire et ayant l’impression de travailler dans le vide.

Plus tard, la même année, j’ai donné sur table à une de mes classes un commentaire composé, sur un passage d’une œuvre classique. Je n’ai pas particulièrement surveillé l’épreuve, le commentaire composé étant, comme la dissertation ou le sujet d’invention, un bon exemple d’exercice on ne peut plus personnel, où copier sur le voisin n’a absolument aucun sens. En corrigeant chez moi les copies, j’ai constaté, dans une copie, des choses étranges : des termes ou des expressions qu’un élève de Première n’emploierait pas, une introduction catastrophique mais un développement convenable. En tapant une des expressions sur Google, j’ai réalisé que l’élève avait utilisé son smartphone pendant le cours et recopié le premier corrigé venu sur Google en tâchant maladroitement de le maquiller. En rendant les copies j’ai tenu un discours sévère à la classe sans indiquer qui avait triché. Après le cours, l’élève concerné, en pleurs, a reconnu les faits.

J’ai donc décidé de mener une petite expérience pédagogique l’année suivante : j’ai pourri le web !

Tendre sa toile…

Vers la fin de l’été de cette même année, j’ai exhumé de ma bibliothèque un poème baroque du XVIIème siècle, introuvable ou presque sur le web. L’auteur en est Charles de Vion d’Alibray. Le date de composition du poème est inconnue, ce qui empêche toute spéculation biographique.

Le sonnet est Ici

1ère étape : j’ai créé un compte pour devenir contributeur sur Wikipédia et, pour montrer patte blanche, apporté plusieurs contributions utiles sur quelques articles littéraires. J’ai ensuite modifié la très succincte notice biographique de Wikipédia consacrée à Charles de Vion d’Alibray en glissant ce petit ajout : « Son amour célèbre et malheureux pour Mademoiselle de Beaunais donne à sa poésie, à partir de 1636, une tournure plus lyrique et plus sombre. »

2ème étape : j’ai posté sur différents forums des questions relatives à ce poème en me faisant passer pour un élève posant des questions de compréhension littérale ou d’interprétation sur le poème. Puis, me reconnectant en me faisant passer pour un érudit, j’ai donné des réponses en apparence savantes et bien renseignées, mais en réalité totalement ineptes, du type interprétation christique tirée par les cheveux. La plupart de ces pages ont depuis malheureusement disparu dans les abysses du web ou ne sont plus référencées.

3ème étape : j’ai rédigé un pseudo-commentaire, le plus lamentable possible, avec toutes les erreurs imaginables pour un élève de Première, et même quelques fautes d’orthographe discrètes, tout en prenant garde à ce que ce commentaire ait l’air convaincant pour quelqu’un de pas très regardant ou de pas très compétent.  Pour  les amateurs de littérature ou les professeurs de lettres, ce corrigé absurde est d’ailleurs assez amusant. J’avoue avoir même pris un certain plaisir à le rédiger.

Je me suis ensuite inscrit comme auteur, sous le nom de Lucas Ciarlatano (ça ne s’invente pas), à deux sites proposant des corrigés de commentaires et de dissertations payants (Oodoc.com et Oboulo.com). Sachez qu’il en existe bien d’autres. Après quoi j’ai envoyé mon commentaire à ces deux sites, dont les comités de lecture ont validé sans barguigner mon lamentable commentaire, leur but étant moins celui d’une diffusion humaniste du savoir que purement mercantile. D’ailleurs aucun des deux n’a pris la peine de vérifier si le corrigé était protégé par des droits d’auteurs et ils ont publié exactement le même corrigé, en mettant en ligne gratuitement l’introduction, le plan et des extraits importants, le reste étant en vente pour quelques euros.

4ème étape : j’ai posté un peu partout sur le web des liens vers ces différentes pages (Wikipédia, les forums, les sites de corrigé) afin d’améliorer le référencement sur Google avant la rentrée de septembre.

5ème étape : à la rentrée, j’ai accueilli mes deux classes de Première en leur donnant deux semaines pour commenter ce poème à la maison et en leur indiquant la méthodologie à suivre. Je les ai bien sûr invités à fournir un travail exclusivement personnel. Une de mes élèves est venue s’excuser : en cours de déménagement, elle n’avait pas accès à internet. Je me suis contenté de sourire.

Deux semaines plus tard j’ai ramassé les commentaires et grâce aux différents marqueurs que j’avais méticuleusement répartis sur le web j’ai pu facilement recenser quels sites avaient été visités par quels élèves et recopiés dans quelle proportion. A titre d’exemple de marqueurs, la notice biographique de l’auteur de Wikipédia évoquait « Melle de Beaunais », mais le commentaire composé sur Oboulo et Oodoc était plus précis en parlant d' »Anne de Beaunais ».

Cette femme aimée sans retour par le poète est évidemment un personnage tout à fait imaginaire (Anne de Beaunais = Bonnet d’âne)…

Pris au piège

Sur 65 élèves de Première, 51 élèves – soit plus des trois-quart – ont recopié à des degrés divers ce qu’ils trouvaient sur internet, sans recouper ou vérifier les informations ou réfléchir un tant soit peu aux éléments d’analyses trouvés, croyaient-ils, au hasard du net. Je rappelle qu’ils n’avaient pour cet exercice aucune recherche à faire : le commentaire composé est un exercice de réflexion personnelle.

L’erreur la plus vénielle fut d’utiliser sans discernement les informations de Wikipédia : rien n’indiquait en effet que le poème avait été composé au sujet de Melle de Beaunais. Le raccourci était abusif et non fondé, comme l’aurait montré une recherche plus approfondie : c’était un simple manque de rigueur à l’égard des sources historiques.

Les erreurs les plus graves étaient en revanche les erreurs d’interprétation, voire de compréhension littérale du poème : des expressions, des phrases et même des paragraphes entiers étaient recopiés sur le net, parfois au mot près, trahissant une incompréhension tant du poème que de la méthodologie du commentaire composé.

J’ai rendu les copies corrigées, mais non notées bien évidemment – le but n’étant pas de les punir -, en dévoilant progressivement aux élèves de quelle supercherie ils avaient été victimes. Ce fut un grand moment : après quelques instants de stupeur et d’incompréhension, ils ont ri et applaudi de bon cœur.

Mais ils ont ensuite rougi quand j’ai rendu les copies en les commentant individuellement…

La morale de l’histoire

On recommande aux professeurs d’initier les élèves aux NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication).

Je crois que j’ai fait mon travail et que la conclusion s’impose d’elle-même : les élèves au lycée n’ont pas la maturité nécessaire pour tirer un quelconque profit du numérique en lettres. Leur servitude à l’égard d’internet va même à l’encontre de l’autonomie de pensée et de la culture personnelle que l’école est supposée leur donner. En voulant faire entrer le numérique à l’école, on oublie qu’il y est déjà entré depuis longtemps et que, sous sa forme sauvage, il creuse la tombe de l’école républicaine.

Avec cette expérience pédagogique j’ai voulu démontrer aux élèves que les professeurs peuvent parfois maîtriser les nouvelles technologies aussi bien qu’eux, voire mieux qu’eux.

J’ai ensuite voulu faire la démonstration que tout contenu publié sur le web n’est pas nécessairement un contenu validé, ou qu’il peut être validé pour des raisons qui relèvent de l’imposture intellectuelle.

Et enfin j’ai voulu leur prouver que, davantage que la paresse, c’est un manque cruel de confiance en eux qui les pousse à recopier ce qu’ils trouvent ailleurs, et qu’en endossant les pensées des autres ils se mettent à ne plus exister par eux-mêmes et à disparaître.

Ai-je réussi ? Ce serait à mes élèves de le dire. Une chose est sûre : cette expérience a, je pense, marqué mes élèves et me vaut aujourd’hui une belle réputation dans mon lycée.

Pour ma part je ne crois pas du tout à une moralisation possible du numérique à l’école.

Et je défends ce paradoxe : on ne profite vraiment du numérique que quand on a formé son esprit sans lui.

Edit du 23 mars : Oboulo.com et Oodoc.com ont retiré mon corrigé en ligne…

antisèche.jpg

Article : http://www.laviemoderne.net/lames-de-fond/009-comment-j-ai-pourri-le-web.html

 

 

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