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Un rapport au vitriol fustige les politiques d’intégration

11 février 2013 Laisser un commentaire

C’est un rapport décapant que Thierry Tuot s’apprête à remettre à Jean-Marc Ayrault ce lundi. Celui-ci fait un bilan accablant de la politique d’intégration menée depuis 30 ans.

Un rapport commandé par Matignon dresse un bilan accablant de la politique d’intégration menée depuis 30 ans et suggère plusieurs réformes, dont la création d’un « titre de tolérance » pour régulariser par étapes une grande partie des sans-papiers. « La politique de lutte pour l’intégration des immigrés a toujours été un désir ou un regret (…) plutôt qu’une réalité », écrit le conseiller d’Etat Thierry Tuot dans son rapport.

Les responsables, « tous partis confondus », ont « oublié jusqu’au mot même d’intégration » et ont « détruit les outils » de cette politique, en coupant les crédits des établissements et des associations, poursuit-il. Le rapport de cet ancien directeur général du Fonds d’action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles (FAS) devait être remis vendredi dernier au Premier ministre qui a annulé au dernier moment la présentation pour des raisons d' »agenda ».

« La majorité des sans-papiers sont inexpulsables »

En lui confiant la rédaction de ce rapport, Jean-Marc Ayrault pouvait s’attendre à un constat au vitriol: en 2000, Thierry Tuot avait écrit sous un pseudonyme « Les indésirables » pour critiquer l’inaction de la France en matière d’intégration des étrangers. Il propose cette fois d’aborder avec « franchise » les réalités de l’immigration afin de « dissiper les fantasmes ».

L’Etat doit notamment avouer que la majorité des sans-papiers sont inexpulsables « soit parce que le pays vers lequel on les reconduirait leur ferait un très mauvais sort » soit en raison de leur « situation personnelle (enfants, santé…) ». Or, « tous les gouvernements sans aucune exception, de droite comme de gauche, finissent par leur donner des papiers », écrit-il.

« Aucune régularisation massive » répond Valls

Il faut, selon Thierry Tuot, commencer à les intégrer en créant une sorte de « titre de tolérance », leur permettant avec « des droits réduits » au moment de la délivrance et un parcours étalé sur 5 ans d’aboutir à une régularisation. Cette proposition a immédiatement déclenché les foudres de l’opposition. « Le Premier ministre fait définir, par un rapport caché, le mode d’emploi d’une régularisation générale des clandestins », a estimé le député UMP Guillaume Larrivé.

Elle « risque de détourner l’attention de la question posée: celle de l’intégration », a pour sa part déploré Pierre Henry, directeur général de France Terre d’Asile (FTA), qualifiant le rapport de « bienveillant mais confus ». Il y a entre 200.000 et 400.000 sans-papiers en France. Environ 30.000 sont régularisés chaque année, et autant expulsés. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a réaffirmé qu’il ne prévoyait « aucune régularisation massive ».

« Mettre un terme aux débats sur le voile »

Autre sujet polémique: Thierry Tuot suggère d’en finir avec « la question musulmane » qui « pollue le débat public ». « A l’islamisme (…) répond un laïcisme de combat, furibond et moralisateur », regrette-il. Il suggère donc de mettre un terme aux débats sur le voile. « La France a-t-elle jamais dépendu de ce qu’un bout de tissu – boubou, coiffe bretonne, chèche ou béret – soit porté d’une façon ou d’une autre? »

Le conseiller d’Etat dresse une liste de réformes possibles à court terme, à forte portée symbolique: ériger un « mur du souvenir » aux soldats étrangers morts pour la France, créer des « lieux de mémoire » dans les quartiers. Il insiste sur les efforts à réaliser en direction des vieux immigrés: terminer rapidement la rénovation des foyers Adoma (ex-Sonacotra), faciliter leurs allers et retours entre la France et le pays d’origine. Puisque l’acte ultime de l’intégration est d’être enterré en France, il préconise le développement de carrés musulmans dans les cimetières. Aujourd’hui, faute de tels carrés, trois quarts des musulmans morts en France sont inhumés dans leur pays d’origine.

Source: LCI/TF1

Lire aussi l’entretien de Malika Sorel sur Atlantico

Extraits :

Atlantico : Dans un état des lieux commandé par Matignon, le conseiller d’Etat Thierry Tuot dénonce les politiques d’intégration menées par l’Etat depuis 30 ans. Quelles sont les raisons pour lesquelles l’intégration fonctionne mal aujourd’hui ?

Malika Sorel : Le rapport accuse en réalité l’État de n’avoir en quelque sorte rien fait pour l’intégration et d’avoir coupé les moyens à l’intégration. L’accusation est à mes yeux infondée car, bien au contraire, l’État n’a eu de cesse de consacrer des montants considérables à ce sujet qui est même devenu l’une des obsessions de la classe politique.

Peut-on ainsi dire que les 43 milliards injectés en dix ans dans la rénovation urbaine, ce n’est rien ? Peut-on considérer comme négligeables les près d’un milliard d’euros qui sont investis chaque année dans l’éducation prioritaire, chiffre qui avait été rendu public dans un rapport de l’Inspection générale de l’Éducation nationale ?

Peut-on balayer d’un revers de main tout ce qui a été injecté dans tous les programmes ZFU, ZUS, Halde, plan égalité des chances, ACSÉE, préfets à l’égalité des chances, cordées de la réussite, internats d’excellence, commissariat à la diversité, Plan espoir banlieues, Contrats d’Accueil et d’Intégration, et à présent les emplois dits « d’avenir » ? Sans compter le financement d’associations avec l’argent public, et le manque à gagner lorsque des acteurs publics cèdent des terrains pour 1 euro symbolique par le biais de baux emphytéotiques.

Si l’on faisait la somme de tout l’argent public consacré à ce sujet, on en conclurait, au vu du faible retour sur investissement, qu’on le verse dans un puits sans fond. Dans mon dernier livre, j’avais évoqué l’image du châtiment du tonneau des Danaïdes. (…)

Suisse: des écolos veulent freiner l’immigration pour protéger la nature

Ils proposent des arguments scientifiques et sèment la zizanie au sein des partis en Suisse, parvenant à séduire une partie de la droite populaire: le groupe d’écologistes Ecopop a déposé vendredi devant les autorités une initiative en vue d’un vote pour limiter l’immigration afin de protéger la nature et limiter le besoin de constructions nouvelles.

« La Suisse a actuellement l’une des plus grande densités de population de la terre –480 habitants/km2 pour le +Mittelland+ », au centre de la Suisse, explique à l’AFP le Secrétaire général de l’organisation, Andreas Thommen.

Les chiffres officiels le confirment: « avec une densité moyenne de 193 habitants par km2 de la surface productive, la Suisse est un pays très densément peuplé », selon un site du ministère des Affaires étrangères.

Pour M. Thommen, « si l’on estime que les migrants vont atteindre le niveau (de train de vie, ndlr) moyen des +Suisses+ dans le futur, ce développement n’est pas du tout durable à la longue ».

C’est pour cette raison que l’initiative cible les migrants, une population qui a rapidement augmenté en Suisse ces dernières années, suite à l’ouverture des frontières aux Européens en 2007. Le texte « Halte à la surpopulation » propose donc de « limiter l’immigration nette en Suisse », à un taux de 0,2% par an en moyenne (calculé sur trois ans).

Pour autant, l’association Ecologie et Population (Ecopop), basée en Suisse alémanique où le mouvement écologique est plus fortement implanté, se dit « contre la xénophobie et le racisme ».

Pour défendre ses idées, l’association reprend la formule mathématique du biologiste américain Paul Ehrlich.

Connu pour son livre controversé « La Bombe P » (The population Bomb, 1968), le biologiste Paul Ehrlich a développé une formule mathématique qui, selon lui, permet de calculer l’impact de la pression démographique sur la nature et l’environnement, en prenant en compte le nombre d’habitants, la consommation par habitant et les techniques utilisées par la société.

Si l’initiative franchit les divers obstacles administratifs et légaux, un scrutin national sera organisé. En 2015, selon Ecopop.

Pour le politologue genevois, Pascal Sciarini, les Suisses sont sensibilisés aux questions d’immigration.

Mais, explique-t-il, s’il est évident que les partis du centre-droit vont s’opposer à l’initiative — n’étant pas des « fervents partisans » de la limitation de l’immigration ni de l’écologie, il est plus difficile de savoir ce que vont décider les autres partis.

Pour les Verts, cette initiative est « un peu une épine dans le pied », considère M. Sciarini. Ils ont des raisons évidentes de soutenir l’initiative, mais ils ont aussi de « fortes raisons de s’y opposer », car le parti des Verts se présente comme celui de l’ouverture, explique l’expert.

Quant à l’Union démocratique du centre (UDC, droite populaire), qui a mis sur pied une autre initiative pour dire « Stop à l’immigration de masse! », elle serait tentée de soutenir Ecopop bien qu’elle ne se préoccupe pas de l’environnement, relève le professeur universitaire.

Le vice-président de l’UDC, Oskar Freysinger, a d’ailleurs déclaré dans les médias: « Notre initiative sera votée avant celle d’Ecopop. Si nous gagnons, nous la lâcherons. Dans le cas contraire, nous aurons encore une carte à jouer avec l’initiative Ecopop ».

Pour le démographe suisse Etienne Piguet, « il ne faut pas avoir de tabou par rapport au fait que la Suisse a connu une immigration extraordinairement forte au cours des années récentes et que la Suisse connaît en partie les problèmes qui sont évoqués (par Ecopop): engorgement, problème écologique… ».

Mais, explique-t-il, « là où les choses ne sont pas satisfaisantes c’est quand on met directement en liaison l’effectif de la population (migrante, ndlr) avec les problèmes qui sont évoqués ».

M. Piguet relève qu’il existe des zones dans le monde avec des densités de population extrêmement élevées, qui ont un bilan écologique et humain assez positif, citant les villes de Singapour et Hong-Kong. Il fait remarquer, de même, que des villes à faible densité aux Etats-Unis ont un bilan écologique négatif.

Pour cet autre démographe suisse, Philippe Wanner, la Suisse a besoin des migrants, notamment qualifiés, pour soutenir son marché du travail, car sa croissance démographique est presque nulle.

Faute de migrants, explique-t-il, il faudrait relever l’âge de la retraite à 75 ans, contre actuellement 64 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes.

La Suisse comptait fin août quelque 1,8 million d’étrangers (pour 8 millions d’habitants au total dans le pays), soit 3,0% de plus qu’en août 2011, selon les chiffres de l’Office fédéral des Migrations.

Pour l’Union patronale suisse, l’initiative est inacceptable car si elle est acceptée, la Suisse devrait mettre un terme aux accords bilatéraux avec l’Union européenne (UE), « avec de lourdes conséquences pour notre économie ».

Sciences & Avenir

Congrès du PS à Toulouse : Manuel Valls cible les Identitaires

Le message est on ne peut plus clair. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a un ennemi prioritaire. Non pas les islamistes, non pas la racaille, non pas la criminalité organisée, mais les Identitaires. En effet, lors de son discours au congrès du PS à Toulouse, le locataire de la place Beauvau a indiqué (à 9min50 de la vidéo) : “Je ne laisserai pas faire, nous ne laisserons pas faire ces groupes identitaires qui provoquent la République.” Réaffirmant que la présidence Hollande et le gouvernement Ayrault allaient ouvrir davantage les vannes de l’immigration…

Immigration et colonisation : ces sujets tabous de la gauche française

Bruno de la Palme explique pourquoi la gauche française a fait l’erreur de considérer le sujet de l’immigration comme un pré carré de l’extrême droite. Extraits de « 100 ans d’erreurs de la gauche française, va-t-elle recommencer ? » (2/2) – Première partie ICI

Pour les socialistes, le thème de l’immigration est tabou, car il appartient à l’extrême droite. On n’a donc pas le droit d’en discuter. Circulez, il n’y a rien à voir ! Gare à celui qui évoquerait le moindre problème sur le terrain à ce sujet. Le voile pudique médiatico-politique a ainsi recouvert la réalité de l’immigration pendant des décennies, confortant justement le Front national. Le parti de Le Pen, qui a réussi dans les années 70 à regrouper des groupuscules d’extrême droite d’essences fort différentes voire opposées, a prospéré en faisant de l’immigration son cheval de bataille.

Ses arguments chocs étaient ouvertement racistes et simplistes. Mais en refusant simplement d’en parler, toute la classe politique lui donnait raison. Nier qu’une immigration massive de nature culturelle et religieuse profondément différente de celle des Italiens et des Polonais au début du XXe siècle, puis des Portugais et des Espagnols dans les années soixante puisse poser des problèmes spécifiques, revenait à refuser de voir qu’il fait jour à midi. Cela offrait à Jean-Marie Le Pen la statue du commandeur de celui qui est le seul à oser en parler et lui ouvrait une autoroute électorale.

Le Front national a donc engrangé logiquement les voix de tous ceux qui vivaient sur le terrain une réalité aux antipodes des poncifs positivistes énoncés dans les beaux quartiers de la capitale. La droite classique, quand elle se risquait à l’évoquer, se faisait tancer par le camp de la gauche. Tantôt par les professionnels de la morale et de l’indignation vertueuse érigée en profession de foi – ceux que le regretté Philippe Muray a qualifié de « Mutins de Panurge, ces insoumis qui pullulent dans le parc d’abstractions de la modernité » – tantôt par le tribunal de la pensée qui se dressait alors pour condamner. Ceux là, Philippe Murray les appelés « les Matons de Panurge ». Entre les « Mutins » et les « Matons » de Panurge, on a interdit et bloqué tout débat !

Cette attitude était parfaitement hypocrite quand on sait, c’est historique, que Mitterrand a fait volontairement monter, dès 1984, le Front national en instaurant la proportionnelle lors de l’élection législative à un seul tour de 1986. La stratégie de Mitterrand est claire : jeter Le Pen dans le jeu de quilles de la droite pour la faire échouer. Le Front national ou la machine à perdre de la droite. Le 4 avril 1985, Michel Rocard, scandalisé par cette manipulation électorale dont il voit bien les raisons, démissionne de son poste de ministre de l’Agriculture du gouvernement Fabius.

Cela n’empêche pas les socialistes de perdre cette élection et pour Mitterrand de subir sa première cohabitation. Mais cela donne une tribune à Le Pen avec 32 députés Front national qui font leur entrée au palais Bourbon.

Voilà belle lurette que le vote ouvrier et populaire a déserté le Parti communiste comme le PS pour se réfugier au Front national. Il suffit d’observer l’évolution du vote depuis plus de 20 ans dans des cités ouvrières comme Toulon, Marseille ou certaines villes du nord pour le comprendre.

Les chiffres nationaux sont éloquents. En deux septennats, la gauche voit son électorat ouvrier traditionnel s’effondrer. 41% des ouvriers ont voté Mitterrand en 1988, 24 % en faveur de Jospin en 1995 et 13% seulement pour Jospin en 2002. Soit en deux septennats, une division par trois de l’électorat ouvrier pour le candidat de la gauche !

L’immigration a été très forte dans les années de croissance des trente glorieuses. La plupart des émigrés sont appelés de nos ex-colonies par le patronat. Une main-d’oeuvre bon marché, stable et peu syndiquée pour l’industrie française. Un fait décisif va entraîner le début des déséquilibres migratoires. Valéry Giscard d’Estaing décide par humanisme d’autoriser le regroupement familial dès 1976. Ce qui augmente d’un seul coup le nombre d’entrées, mais surtout incite des travailleurs à venir seuls en éclaireur sachant que leurs familles pourront suivre. Six ans plus tard, Mitterrand va ainsi régulariser 130 000 immigrés, donnant un formidable espoir à des milliers de pauvres et de désespérés d’Afrique qui rêvent de la prospérité française.

Durant la première cohabitation en 1986, la droite avec Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac, donne un solide coup de barre en démarrant une vraie politique de reconduction des clandestins à la frontière. La gauche n’a de cesse de dénoncer cette répression.
Pourtant le président Mitterrand réélu reconnait à la télévision, en 1989, « qu’en matière d’immigration le seuil de tolérance a été atteint dans les années 1970 ». Rien n’y fait, les socialistes avec Pierre Joxe détricotent les mesures Pasqua, décidément l’homme le plus détesté par la gauche après Le Pen. Des recours sont introduits permettant aux clandestins d’échapper légalement aux mesures de reconduite à la frontière.
À gauche, quelques voix s’élèvent contre cet angélisme : en 1991, Michel Rocard parle de la France « qui ne peut pas accueillir toute la misère du monde » et Édith Cresson, Premier ministre, ira jusqu’à parler de charters évoquant pour la première fois des reconduites à la frontière. Quelques mots mais rien de concret. En 1997, Jospin arrive à Matignon et décide une nouvelle vague de régularisations. Jean-Pierre Chevènement demande d’examiner les cas : sur 140 000 demandes, 80 000 sont régularisés. Mais les recalés ne sont pas reconduits à la frontière ! Clandestins, ils attendent le prochain tour des régularisations.

La politique de reconduite ne redevient effective qu’après la réélection de Jacques Chirac en 2002, Nicolas Sarkozy étant ministre de l’Intérieur. Le fameux camp de Sangatte dans le Pas de Calais, créé en 1999 pour héberger les centaines de candidats au passage clandestin en Angleterre, ne sera fermé qu’en janvier 2003 par la droite. Un seul pays d’Europe décide ensuite d’opter pour ces régularisations massives : l’Espagne dirigée par le socialiste Zapatero commet la même erreur que Mitterrand et Jospin. En mai 2005, pas moins de 700 000 immigrés sont légalisés. Quel signal ! Madrid s’attire les foudres des autres pays européens tétanisés par une telle décision. Car avec les règles de Schengen, les conséquences sont lourdes. Un immigré régularisé dans un pays a désormais vocation à pouvoir se rendre dans tous les autres États membres. Toute l’Europe est concernée.

En 2006, lors de la préparation du projet du Parti socialiste pour la présidentielle, Jack Lang, toujours chaussé de ses lunettes roses, continue inlassablement de réclamer la régularisation de tous les sans-papiers en France ! Cette brillante idée ne sera pas retenue. En 2012, François Hollande, dans son programme présidentiel, évoque des régularisations au cas par cas…Surtout pas d’annonce de chiffrage sur le nombre de ces régularisations, mieux vaut être prudent avant l’élection. En 2008, une étude du Monde estimait le nombre des sans papiers en France entre 200 000 et 400 000. Aujourd’hui, il existe même un site d’une association de gauche intitulée : « Ministère de la régularisation de tous les sans papiers » ! Cela a au moins le mérite d’être clair ! C’est ce que réclament un certain nombre d’intellectuels et de célébrités irresponsables, professionnels de la compassion, face auxquels micros et caméras toujours se tendent.

Bonne conscience gratifiante et qui ne coûte pas cher, vu du cinquième arrondissement de Paris. Notre planète vient de franchir le seuil des 7 milliards d’habitants ; nos gentils utopistes qui veulent accueillir tous les pauvres vont donc avoir de quoi faire.

Atlantico

Extrait de « 100 ans d’erreurs de la gauche française va-t-elle recommencer ?« , La boîte à Pandore ( 19 septembre 2012)

La guerre civile en Europe avant 2050 ?

Dali Salvador, Prémonition de la Guerre Civile (1936)

Depuis quelques années, je reçois de nombreux messages émanant d’une demi-douzaine de militants du Front National, qui se donnent beaucoup de mal sur Internet pour diffuser des informations et des commentaires. La principale motivation de ces propagandistes est la hantise de l’immigration musulmane et de toutes les formes de pression qu’exerce cette communauté, et surtout ses éléments extrémistes, pour la modification à leur profit de la culture française. Parmi ces militants, quelques-uns mettent en avant les «racines chrétiennes» de la France et de l’Europe et semblent croire que la renaissance du christianisme, et surtout du catholicisme, permettrait aux Occidentaux de faire échec à l’expansion de l’Islam. C’est une erreur dramatique, car elle aboutirait à transformer un problème ethnologique et démographique en guerre de religion. Je ne suis d’ailleurs pas sûr que ces militants soient plus catholiques que ne l’était Charles Maurras, agnostique notoire qui avait, dans les années 30, choisi de soutenir le catholicisme par tactique politique. Or, ce qui était déjà inopportun il y a 80 ans l’est encore bien davantage aujourd’hui.

Cette erreur repose essentiellement sur une ignorance abyssale des véritables fondements de la civilisation occidentale et sur une ignorance non moins abyssale de la nature profonde et commune aux religions monothéistes nées au Proche-Orient et dont les deux premières, le judaïsme et le christianisme, envahirent l’Europe à la faveur de la décadence romaine, tandis que la troisième et la plus virulente, l’islamisme, est en train de le faire à la faveur de notre propre décadence et surtout d’une immigration étrangère que nos gouvernements semblent incapables de maîtriser. A ces deux ignorances s’en ajoute une troisième, encore moins excusable que les deux autres de la part de «nationalistes», puisqu’elle concerne la formation même de la nation française.

Comme ces militants me semblent manifestement sincères et de bonne foi, j’aimerais, sans me faire trop d’illusions sur mes chances de succès, tenter de leur ouvrir les yeux sur des réalités historiques avérées qu’aucun honnête homme ne peut contester, sauf en se mentant à lui-même. Je les résume ci-après en 21 paragraphes, aussi succinctement que possible, bien que la plupart exigeraient de plus longs développements :

1)  L’expansion du christianisme s’est très longtemps heurtée à la résistance des Gaulois, à qui cette religion étrangère semblait si aberrante qu’ils affublèrent du nom de «chrétien» les débiles mentaux, qualificatif demeuré jusqu’à nos jours dans la langue française sous la forme «crétin» (le terme médical «crétinisme» étant lui-même dérivé de «christianisme»). De la défaite d’Alésia jusqu’à la chute de l’Empire, les Gaulois ne cessèrent de se révolter contre l’occupant. De véritables armées populaires (les Bagaudes, terme celtique signifiant «combattants») mirent en échec le pouvoir romain de 283 à 311 et elles réapparurent à la fin du IVe siècle et au début du Ve. Bien entendu, les Romains disaient de ces révoltés qu’ils étaient des pillards et des brigands, ce que les historiens conformistes ont repris à leur compte sans examen.

2)  Les Gaulois ne purent finalement être soumis au despotisme de l’Église romaine que par la faute de Constantin 1er (272-337), dont la fausse conversion au christianisme, opération de pur opportunisme politique, lui assura le soutien de l’Église, l’élimination de ses concurrents et sa domination sur tout l’empire romain. Ce prétendu chrétien fit assassiner son fils aîné Crispus et son épouse Fausta, en 326. Après l’avènement de Constantin, la collusion entre le pouvoir politique et le pouvoir clérical fut totale, amenant Constantin à faire du catholicisme la religion d’État.

3)  La seconde grande trahison de l’esprit occidental fut celle de Clovis (466-511), lui aussi faux converti au christianisme par arrivisme politique, ce qui lui apporta le soutien de l’Église romaine pour installer sa dictature sur toute la Gaule. Cet assassin multirécidiviste fit exécuter tous ses rivaux, les chefs saliens et rhénans voisins, certains de ses anciens compagnons et les membres de sa propre famille qui auraient pu revendiquer sa succession contre ses fils, soit au total une dizaine de meurtres. Mais il semble qu’aux yeux du clergé catholique, son baptême chrétien l’ait lavé de toute faute.

4)  Ce chef de gang sans scrupules est toujours célébré aujourd’hui par les catholiques français, qui veulent voir en lui le fondateur de notre nation. Cette absurdité est contredite par le fait indéniable que la première unité nationale de notre pays est due à Vercingétorix, qui la réalisa cinq siècles plus tôt, et l’on peut même affirmer qu’elle préexistait à la formidable entreprise de résistance anti-romaine du prince arverne, car comment celui-ci aurait-il pu susciter la formation d’une armée de secours autour d’Alésia, comprenant des contingents de toutes les tribus gauloises (au total 300.000 guerriers, chiffre stupéfiant pour l’époque), si celles-ci n’avaient pas déjà eu conscience de l’unité profonde de leur culture ?

5)  Les prétendues «racines chrétiennes» de la France ne sont donc rien d’autre qu’une escroquerie intellectuelle entretenue par l’Église romaine. Est-il besoin d’être horticulteur pour savoir différencier une racine d’un greffon ? Le christianisme est un greffon oriental imposé à nos aïeux par la force et la ruse, grâce au concours successif de deux arrivistes sans foi ni loi : Constantin et Clovis. Charlemagne prit leur suite en imposant le christianisme aux Germains par la guerre. Il fit massacrer 4.500 Saxons qui refusaient le baptême chrétien. La peine de mort fut décrétée contre tous ceux qui voulaient demeurer païens. Prétendre que les Européens ont des «racines chrétiennes» est aussi absurde et mensonger que le serait de dire que les évangélistes afro-américains chanteurs de gospels ont des «racines chrétiennes», alors que le christianisme fut imposé à leurs ancêtres par les esclavagistes. Ce qui prouve à quel point il ne suffit pas d’être physiquement libre pour être délivré de ses chaînes mentales. Les chrétiens résiduels européens sont toujours des esclaves psychiques.

6)  Les véritables racines du peuple français (comme des autres peuples européens), sont à rechercher dans les principes éthiques et philosophiques du paganisme, du polythéisme et du druidisme, honteusement calomniés depuis vingt siècles par les zélateurs de Rome, et de ce fait totalement ignorés des Français d’aujourd’hui, qui ont été littéralement amputés de leur propre Antiquité historique. Les monothéistes, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans, ne se rendent pas compte à quel point ils ont été «lobotomisés» dans leur enfance par des religions contre-nature qui n’ont cessé d’abaisser et d’humilier l’être humain pour le prosterner devant un Seigneur céleste imaginaire, au seul profit de pouvoirs despotiques soutenus par des clergés félons.

7)  Les adeptes des trois cultes abrahamiques ont été persuadés par la propagande cléricale que le monothéisme est supérieur au polythéisme et qu’il était un progrès par rapport à lui, alors qu’il fut au contraire une tragique régression de la vraie spiritualité humaine, notamment européenne. Comme Nietzsche l’a clairement vu et affirmé : «Le polythéisme était une première image de la libre pensée, de la «polypensée» de l’homme.» Aussi n’est-ce pas un hasard si, de nos jours, les Français et les Européens tournent le dos au christianisme et retrouvent leurs vraies racines. (Plus de 50 % d’entre eux déclarent ne pas croire en Dieu, les Tchèques arrivant en tête avec plus de 70 %). C’est le seul continent où se produit ce phénomène, apportant la preuve que les Européens sont toujours en tête du progrès de la civilisation et de l’esprit.

8 ) Le polythéisme ayant toujours été jugé comme archaïque, primitif et barbare, très peu d’Occidentaux, même libre-penseurs, sont aujourd’hui capables d’en apprécier la valeur philosophique et spirituelle. Pourtant, le professeur et ancien ministre Luc Ferry écrit dans son récent ouvrage «De Homère à Platon» (Edition Le Figaro/Le Point, septembre 2012) : «Les philosophes (grecs) connaissaient admirablement la mythologie : c’était tout simplement la culture commune de leur temps et, sous une apparence littéraire, elle fourmillait déjà d’idées métaphysiques d’une profondeur inouïe.» Ces philosophes, notamment Aristote, considéraient les druides gaulois comme leurs pairs.

9)  Les mythologies européennes (grecque, romaine, celtique, germanique…) sont effectivement nos vraies racines culturelles, et d’ailleurs elles fascinent toujours les esprits européens, même lorsqu’ils n’en saisissent pas toute la profondeur. Leur principal mérite était de placer l’homme au cœur de la nature et du cosmos, de le relier pleinement à tous les vivants animaux et végétaux de même qu’aux planètes entourant la nôtre. Les monothéismes, tout au contraire, s’acharnèrent à briser cette fraternité naturelle et cosmique et à conduire les humains au mépris des autres espèces et de leur propre corps ainsi qu’à la honte de leurs instincts les plus naturels.

10) Les principaux dieux du polythéisme étaient en fait des transpositions des planètes du système solaire, qui portent toujours leurs noms, et, issus du savoir astronomique et astrologique des Anciens, ils symbolisaient l’influence des planètes sur les destinées terrestres et représentaient donc des types psychologiques humains. Aujourd’hui encore, les noms des jours de la semaine sont ceux des planètes : (Lundi, jour de la Lune, Mardi, jour de Mars, Mercredi, jour de Mercure, etc.). Dans l’antiquité pré-chrétienne, le premier jour de la semaine (et non le septième) était dévolu au Soleil et nous devrions le nommer Soldi, à l’instar des Anglo-Saxons qui le nomment Sunday, des Allemands qui le nomment Sonntag, des Hollandais qui le nomment Zondag, et non pas Dimanche (du latin «dies dominicus», jour du Seigneur), imposé par l’Église.

11) La plus grande fête du monde païen était celle du solstice d’hiver (25 décembre), qui symbolisait la remontée du Soleil au-dessus de l’horizon et le début de l’allongement de la durée du jour. (No Hel, Nouveau Soleil en celtique, en grec Néo Hélios.) Cette fête était célébrée par tous les peuples de l’hémisphère nord depuis des millénaires avant Jésus-Christ. L’ Église romaine ne parvenant pas à éradiquer cette célébration naturaliste populaire, le pape Jules 1er, au IVe siècle, «décida» d’en faire la date de naissance de Jésus (ignorée à jamais). Cette usurpation eut pour principale conséquence de transformer une fête universelle en fête sectaire réservée à une seule religion, ajoutant un nouvel obstacle à la fraternité planétaire. Aujourd’hui, les musulmans radicaux boudent Nohel, qu’ils croient fête chrétienne, ignorant que c’est une fête concernant toute l’humanité, car le Soleil brille pour tous les hommes.

12) Il est impossible de bien comprendre les rivalités politico-religieuses qui sous-tendent l’histoire du monde depuis l’Égypte ancienne, si l’on veut ignorer qu’elles sont le reflet terrestre de la rivalité céleste Soleil/Jupiter (ou Hélios-Zeus, ou Aton-Amon). Il faut savoir que Jupiter, la plus grosse de nos planètes, faillit elle-même «s’allumer» et devenir notre seconde étoile lors de la formation du système solaire. Les chrétiens d’aujourd’hui (de même que les juifs et les musulmans) seraient sûrement très étonnés d’apprendre que lorsqu’ils disent «Amen» (qu’ils traduisent par «Ainsi soit-il»), ils ne font que célébrer le nom légèrement déformé du dieu égyptien Amon, que les Grecs assimilaient à Zeus, et qui ponctuait les prières dans les temples pharaoniques.

13) Au cours de la XVIIIe dynastie égyptienne (- 1550 à – 1292), un pharaon révolutionnaire du nom de Amenhotep IV (époux de la célèbre Nefertiti) changea son nom, qui signifiait «Amon est satisfait» en Akhenaton («l’Efficience d’Aton») et s’efforça de briser le despotisme que les prêtres d’Amon exerçaient sur le peuple égyptien. Mais ses réformes trop radicales échouèrent et son fils et successeur Toutânkhaton («L’image vivante d’Aton») dut y renoncer et changer son nom en celui de Toutânkamon («L’image vivante d’Amon»), avec lequel il est passé à la postérité. Certains auteurs ont présenté Akhenaton comme «l’inventeur du monothéisme», mais c’est une grave erreur.  Il voulait seulement redonner sa place légitime au Soleil (Aton), seul dispensateur de lumière et de chaleur, véritable père de la vie terrestre et inspirateur de toute créativité, dont le rôle avait été usurpé au bénéfice d’Amon.

14) Tout ceci recouvre évidemment des rivalités politiques pratiquement éternelles entre les «solaires» (réformateurs, créatifs, individualistes, écologistes, libéraux, libertaires) et les «jupitériens» (conservateurs, cléricaux, jacobins, collectivistes, technocrates, autoritaires) qui se répartissent «transversalement» entre ce qu’on appelle aujourd’hui la «droite» et la «gauche», créant une confusion permanente au sein de laquelle aucun peuple ne peut «retrouver ses petits». Les prêtres romains de Jupiter traduisaient son nom par «le père du jour», usurpation évidente, le seul «père du jour» possible étant le Soleil. Le vrai sens de Jupiter est «le père du joug» (l’autorité absolue) cousin sémantique du mot jument, du latin jumentum (animal sous le joug).

15) On voudra bien me pardonner ces incursions dans les grands mythes de l’Antiquité, mais elles m’ont semblé nécessaires pour faciliter aux esprits libres et ouverts la compréhension des grands courants religieux et politiques dont nous sommes tous les héritiers, le plus souvent à notre insu. Ce qu’il faut bien saisir, si nous voulons maîtriser et harmoniser l’avenir de notre patrie et celle de la civilisation occidentale, c’est qu’il est illusoire d’utiliser un monothéisme pour se préserver d’un autre. Les serviteurs de Jehovah, d’Allah ou de Dieu peuvent bien être concurrents ou rivaux, ils n’en vendent pas moins le même mensonge sous des emballages différents. Si vous en doutez, il vous est facile d’en avoir la preuve : demandez à un prêtre catholique s’il se sent plus proche d’un Européen athée que d’un musulman et vous serez édifié par sa réponse.

16) J’entends dire aujourd’hui que l’Islam est la seconde religion de France. C’est une sottise. Cette religion ne concerne en aucune façon les Français. Elle est la religion des immigrés venus du continent africain et, en partie, de leurs descendants. Mise à part une infime minorité d’influençables, les Français et les Européens ne deviennent absolument pas musulmans. Les progrès de l’Islam en Europe sont uniquement dus au développement de la population d’origine musulmane, tant par l’immigration que par la natalité. C’est un phénomène démographique et nullement religieux. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Français et les Européens, dans leur immense majorité, se désintéressent de toutes les religions, sauf peut-être, très minoritairement, du bouddhisme, qui est d’ailleurs une religion athée.

17) Le fondateur de l’Islam, Mahomet, était dans sa jeunesse polythéiste. La Kaaba (qui signifie «Le cube») devenue le lieu sacré des pèlerinages musulmans, était alors, au centre de La Mecque, un lieu de prières et de cérémonies polythéistes, ce que la plupart des musulmans ignorent. C’est un moine chrétien qui initia Mahomet au monothéisme biblique judéo-chrétien et devina en lui l’étoffe d’un «prophète». Mais ce n’est que vers l’âge de 40 ans que Mahomet commença de prêcher «son» monothéisme, après l’échec d’une tentative d’union avec les juifs. L’Arabie était à l’époque en proie à l’anarchie et pratiquement ruinée. On peut supposer que Mahomet vit dans le monothéisme un facteur d’unité sociale et politique nécessaire aux Arabes. Après de longues méditations dans les grottes proches de Médine, il écrivit le Coran, en prétendant que celui-ci lui avait été dicté par l’archange Gabriel.

18)  Toute religion naissante doit trouver un soutien populaire, et doit donc intégrer plus ou moins les coutumes traditionnelles existantes et s’adapter à la psychologie des peuples qu’elle veut soumettre à sa loi. C’est ainsi que le catholicisme romain dut s’adapter partiellement aux coutumes gauloises, soit en confisquant la fête de No Hel, comme nous l’avons vu précédemment, soit en adoptant, non sans réticences, le principe du libre arbitre soutenu par le moine celte Morgan (dit Pélage), auquel s’opposait violemment St-Augustin. Mais le libre-arbitre s’imposa finalement, étant pratiquement consubstantiel à la psychologie des Européens. Analogiquement, on peut dire que Mahomet édifia un monothéisme mieux adapté à la mentalité arabe que le judéo-christianisme. De même que Luther, à travers le protestantisme, adapta ce même judéo-christianisme à la psychologie des peuples germaniques.

19)  Néanmoins, le progrès des sciences et de la connaissance de l’univers a rendu les trois monothéismes complètement obsolètes. Ce ne sont plus que des stratifications archaïques d’époques et de sociétés dépassées. Nos cathédrales sont d’admirables témoignages de l’architecture et des arts occidentaux de l’époque et elles appartiennent désormais à l’archéologie et à l’Histoire beaucoup plus qu’à la religion, à l’instar des pyramides égyptiennes ou des temples aztèques. Mais ce qui fait la force inquiétante de l’Islam, c’est que les populations musulmanes, extrêmement ignorantes dans leur grande majorité, n’ont pas eu leur Renaissance hellénique, ni leur «Siècle des Lumières», ni leur Révolution française et ont cinq siècles de retard sur les Occidentaux. En fait, les intolérances que nous reprochons aujourd’hui aux islamistes sont analogues à celles du catholicisme médiéval et de l’Inquisition, qui brûlait les hérétiques ainsi que les guérisseuses accusées de sorcellerie. Les musulmans ne sont sans doute pas plus sots que d’autres. Leur drame, c’est d’être anachroniques.

20)  Le «printemps arabe» qui a débuté en 2010 a soulevé une grande espérance dans les nations musulmanes et dans le monde entier. Il pourrait permettre aux jeunes générations de ces pays d’effectuer un bond en avant culturel et philosophique les mettant à l’unisson des autres peuples. Mais les extrémistes religieux s’efforcent de récupérer à leur profit ce grand réveil et d’enfermer ses protagonistes dans une nouvelle camisole idéologique qui serait pour le monde arabe un véritable suicide intellectuel et moral. Si les islamistes réactionnaires parvenaient à leurs fins, la paix du monde serait en danger, car le choc des civilisations deviendrait inévitable. Que peuvent faire les Européens pour écarter ce risque ? Certainement pas se claquemurer dans les casemates d’un judéo-christianisme exsangue et moribond,  une sorte de «ligne Maginot» religieuse vouée à l’échec et que les islamistes pourraient d’ailleurs transformer en «cheval de Troie» à leur bénéfice, ce qui est évident quand on constate que les associations chrétiennes aident les immigrés clandestins musulmans à s’installer dans les pays européens au mépris des lois nationales.

21)  Sous prétexte d’œcuménisme, d’humanisme et d’universalisme, l’Église romaine est toute prête à trahir l’Europe. Il va sans dire que le droit de vote accordé aux étrangers non européens que nous promettent les démagogues socialistes serait également ruineux pour notre identité. Les Européens, et notamment les Français, ne pourront assurer leur avenir que de trois manières : a) en rejetant ensemble les trois monothéismes rétrogrades à la fois rivaux et complices (ce qui n’exclut nullement la protection des minorités chrétiennes persécutées en pays musulman) et en guidant les jeunes générations arabes de tous pays vers la liberté de pensée et l’esprit démocratique, b) en fortifiant la laïcité et en ne tolérant aucune immixtion religieuse, notamment vestimentaire, dans la sphère civile et publique, avec expulsion immédiate de tout prédicateur de la charia, incompatible avec la République, c) en stoppant net toute immigration étrangère non européenne et en n’accordant la citoyenneté qu’aux immigrés présents qui auront donné des preuves de leur adhésion aux lois et aux valeurs républicaines ainsi qu’à l’Histoire et à la culture françaises placées au-dessus de toute dogmatique religieuse. Faute de quoi une guerre civile interethnique ensanglanterait fatalement l’Europe au cours des trente années qui viennent.

Pierre LANCE pour Enquête & Débat

29 septembre 2012

Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, Pierre Lance a publié notamment : «Alésia, un choc de civilisations» (Presses de Valmy) et «Le Fils de Zarathoustra» (Editions Véga/Trédaniel). Ces deux livres peuvent être commandés en librairie, ou bien par correspondance à «L’Ere nouvelle», BP 80171, 06407 Cannes cedex (Alésia : 23 euros port inclus – Fils de Zarathoustra : 26 euros port inclus). Pierre Lance dirige depuis 30 ans la revue de prospective sociopolitique «L’Ere nouvelle», abonnement annuel : 25 euros pour 5 numéros.

François Hollande sommé par les banlieues d’honorer un message d’espoir

Par un vote massif en faveur de François Hollande, relativisé toutefois par une abstention marquée, les quartiers populaires ont sommé le candidat socialiste d’honorer un message d’espoir et sanctionné le président sortant pour sa campagne dure sur l’immigration.

Le collectif AC Le Feu, qui s’est fortement impliqué pour inciter les habitants à se rendre aux urnes, a donné le signal en réclamant immédiatement une « bouffée d’oxygène » pour ces quartiers.

Le nouveau chef de l’Etat « devra envoyer des signes forts en direction des quartiers populaires de l’ensemble des territoires de France, notamment en ce qui concerne la représentativité qui devra transparaître dès la mise en place de son gouvernement provisoire », a suggéré lundi le collectif basé en Seine-Saint-Denis.

Dans ce département, qui abrite l’une des plus fortes communautés d’origne maghrébine et africaine, M. Hollande fait mieux que dans son fief de Corrèze en l’emportant avec 65,32% des suffrages. Certaines villes d’Ile-de-France lui ont accordé plus de suffrages que sa commune de Tulle (75,70%).

Il rafle plus de 70% des voix dans 13 communes de Seine-Saint-Denis sur 40, dont Saint-Denis (77,78%) et Bobigny (76,74%). Dans les Yvelines, Trappes lui donne 77,01%, Les Mureaux 70,47%, Mantes-la-Jolie 67,05%, avec même 89,04% dans le quartier sensible du Val-Fourré.

La « banlieue rouge » du Val-de-Marne lui offre sans surprise de très bons reports de voix venues du Front de Gauche, comme à Ivry-sur-Seine (73,63%) et Villejuif (68,30%).

« Il faudra conserver des liens avec les quartiers et donner des preuves sur le long terme », suggère Antoine Jardin, expert en participation électorale à Sciences Po.

Le droit de vote aux élections municipales que M. Hollande entend donner aux étrangers non communautaires fait partie de la solution, selon ce chercheur qui relativise le taux d’abstention de 23,57% en Seine-Saint-Denis.

« Ministère de l’Egalité territoriale »

Selon lui, « la participation a été assez nette » et « les quartiers ont montré une volonté de mobilisation politique ». Et si cette participation est parfois inférieure à la moyenne nationale, c’est en raison d’une « composition sociologique » d’une population « jeune, moins diplômée et étrangère ».

Les jeunes issus de l’immigration « n’ont pas la culture du vote parce qu’ils n’ont pas été habitués à voir leurs parents voter », analyse-t-il.

Au contraire, estime le Commissaire à la Diversité, Yazid Sabeg, « si le score de François Hollande est bon dans les quartiers, la participation a été faible ». Signe, selon lui, que « les habitants ne font pas confiance aux politiques pour changer leur vie ».

M. Sabeg, qui est impliqué dans la politique de la ville en tant que président du Comité d’évaluation et de suivi de l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU), attribue au président sortant la responsabilité de cette « faible mobilisation ».

« Il est clair que la campagne de Nicolas Sarkozy a contribué à la stigmatisation des habitants des quartiers qui se sont sentis traités comme des citoyens de seconde zone », observe-t-il.

A l’inverse du candidat de l’UMP, celui du PS « a tenu un discours apaisant et tolérant ». « Il a reconnu que les quartiers sont un sujet majeur pour ce pays. Il est normal qu’il y recueille des suffrages importants », a admis ce proche de M. Sarkozy.

Il souhaite que M. Hollande fasse du « ministère de l’Egalité territoriale » promis durant sa campagne « un ministère puissant avec des leviers institutionnels » qui vont lui permettre « d’obtenir l’argent des ministères de droit commun ».

Autrement, « la situation ne changera pas » car « les institutions publiques, telles qu’elles fonctionnent, ne permettent pas de régler les problèmes des quartiers »

Le Nouvel Observateur

le nombre d’étrangers a triplé en dix ans en Italie

La péninsule frôle aujourd’hui le cap des 60 millions d’habitants.

L’Italie compte trois fois plus d’immigrés qu’au début du siècle, mais la crise économique en aurait fait repartir en quelques mois un million vers leur pays. Selon le recensement général de la population effectué depuis octobre 2011 par l’Institut national de la statistique (Istat), la péninsule compte 59,5 millions d’habitants. C’est moins qu’en France (65,35 millions). Mais quand même 2,6 millions d’individus de plus par rapport au recensement précédent de 2001.

L’immigration est la cause principale de la croissance démographique (+ 4 % en dix ans), la première après vingt ans de stagnation de la démographie. Le nombre d’étrangers en situation régulière a triplé depuis 2001, passant de 1.334.000 en 2001 à 3.760.000. De 2,34 % de la population il y a dix ans, ils sont passés à 6,35 %. Le plus grand nombre d’immigrés se trouve dans quatre régions: Piémont, Lombardie, Toscane et Latium. Brescia, avec ses industries mécaniques et métallurgiques, est l’agglomération où leur densité est la plus forte (16 %).

Ce recensement ne révèle pas ce que sont devenus quelque 1.300.000 étrangers comptabilisés dans une étude officielle parue en septembre 2011 sous le titre: «Importance de la population étrangère résidant en Italie». Ce même institut Istat, à l’origine de l’enquête, relevait alors que 4.570.000 étrangers étaient inscrits à l’état civil comme résidents permanents tandis que 397.000 bénéficiaient de permis de séjour temporaires pour venir travailler. «Mon impression est qu’un grand nombre sont depuis rentrés chez eux», estime le professeur Gian Carlo Blangiardo, de l’Institut démographique Ismu. Ce serait la conséquence directe de la crise, dans le bâtiment surtout.

«Pour bon nombre, le projet d’immigration s’est révélé un échec, faute de travail», poursuit le professeur. Surtout des Polonais, dont le niveau de vie a augmenté dans leur pays, des Roumains et des Albanais. «Ajoutez à cela l’extrême mobilité de ces immigrés qui se déplacent sans cesse à la recherche d’un emploi. Et leur précarité croissante, qui les contraint à s’entasser à dix dans des logements exigus et à payer leur loyer au noir: ceux-là préfèrent ne pas se faire enregistrer, ce qui fausse le recensement», estime Paolo Ciani, de la communauté Sant’Egidio.

Nombre de chefs de famille ont renvoyé leurs proches dans leur pays d’origine. Un tiers des étrangers manquant à l’appel seraient ainsi des femmes. Quant aux jeunes Maghrébins qui ne considèrent pas l’Italie comme une terre d’accueil, en majorité, ils poursuivent leur route vers le nord, la France ou l’Allemagne. C’est ainsi qu’on explique qu’aucun des quelque 40.000 Tunisiens débarqués clandestinement l’an dernier à Lampedusa n’a été rapatrié, comme il était pourtant prévu après six mois de séjour. La plupart ont franchi à frontière à Vintimille pour trouver refuge dans l’Hexagone.

http://www.lefigaro.fr/international/2012/04/29/01003-20120429ARTFIG00164-l-italie-frole-le-cap-des-60millions-d-habitants.php

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