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L’Europe aura bientôt sa propre agence de notation

Le cabinet de consulting allemand Roland Berger a réussi à boucler le tour de table de 300 millions d’euros nécessaire au lancement du projet. Cette agence de notation doit être opérationnelle à partir de septembre prochain.

Les trois grandes agences américaines Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch auront bientôt de la concurrence. Car l’Europe aura bien sa propre agence de notation «transparente, innovatrice et indépendante». Le cabinet de consulting allemand Roland Berger a finalement réussi à boucler le tour de table de 300 millions d’euros nécessaire au lancement du projet.

Le groupe allemand de conseil en stratégie cherchait, depuis l’été 2011, à mettre en place une agence européenne «globale et indépendante» avec des fonds privés. Peinant à rassembler les fonds nécessaires, Roland Berger s’apprêtait à abandonner son projet il y a quelques jours. Mais le cabinet a annoncé jeudi avoir finalement reçu suffisamment d’engagements de banques et de compagnies d’assurances européennes pour lancer son nouveau modèle original: contrairement aux agences américaines, cette concurrente européenne ne sera pas financée par ses clients.

La BCE a fait part de ses réserves

Markus Krall, senior partner chez Roland Berger, quittera ses fonctions début mai pour piloter le lancement de la nouvelle agence de notation. Celle-ci doit être opérationnelle à partir du mois de septembre prochain. Basée à Munich, elle commencera à évaluer la solvabilité des États et des entreprises en attribuant ses propres notes dès 2013.

Le gouvernement allemand, qui a régulièrement critiqué le fonctionnement des agences de notation, soutient l’initiative de Roland Berger. De leur côté, la Banque centrale européenne (BCE), l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) et le patronat allemand avaient fait part de leurs réserves, jugeant le projet peu réaliste. Le plus difficile reste à faire pour la nouvelle agence européenne: gagner sa crédibilité auprès des marchés.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/04/27/20002-20120427ARTFIG00547-l-europe-aura-bientot-sa-propre-agence-de-notation.php

Le Portugal peut-il être victime d’un scénario à la grecque ?

Les marchés craignent toujours un scénario catastrophe pour le Portugal. Si les objectifs à court terme sur le déficit public ont dépassé les attentes de la Troïka, le risque de dérapage budgétaire est toujours présent et le pays pourrait nécessiter d’autres mesures d’austérité.

Plein de bonnes raisons nous poussent à penser que l’Europe va mieux. Les Etats tout d’abord connaissent moins de difficultés à placer leur dette et ceci malgré la baisse des notations du FESF (Fonds Européen de la Stabilité Financière), et de la France. Les primes de financement à 10 ans ont elles aussi reflué. L’Italie emprunte désormais à des taux raisonnables et l’Espagne paie encore moins chers ses emprunts.

On peut dire que la gouvernance dans la zone euro a amélioré les choses mais c’est surtout de la BCE que vient cette sortie de crise : outre le fait qu’elle sécurise les financements, elle recrée surtout une incitation à détenir la dette des Etats grâce à son programme non conventionnel de LTRO à 3 ans (Long Term Financing Operations) à 1%. Les marchés financiers eux, se portent de mieux en mieux malgré les menaces des agences de notation.

Pourtant des signes avant-coureur peuvent inquiéter, et la récente mise en défaut de la Grèce par l’ISDA ne vient pas arranger les choses : Doit-on s’inquiéter réellement de tout cela jusqu’à croire que le Portugal sera la prochaine Grèce ? En effet, malgré des avancées certaines en Europe (le nouveau traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union européenne), les rendements portugais ont atteint de nouveaux records, en avoisinant constamment en ce moment les 14%. Depuis l’abaissement de la note souveraine portugaise au rang d’investissement spéculatif « lixo », en portugais, c’est-à-dire « poubelle », les marchés, bien qu’ayant intégré dans les cours de bourse la plupart des plans d’aide financière et des difficultés de la coopération en Europe, craignent toujours un scénario à la Grecque pour le Portugal qui serait contraint de solliciter une nouvelle fois l’aide internationale. C’est pourquoi les rendements à 10 ans ne cessent de se tendre et dans ces conditions, les CDS sur le Portugal atteignent eux aussi des niveaux record.

Pourtant le Portugal sous assistance financière depuis mai 2011 diffère en de nombreux points de la Grèce. Il y a d’abord ses efforts dans la consolidation budgétaire qui apporte des résultats tangibles. Après 9,8% du PIB en 2010, le déficit public est retombé à près de 4% en 2011, soit mieux que l’objectif assigné par la Troïka. Cette amélioration résulte d’un transfert exceptionnel en provenance des fonds de pension du secteur bancaire. Elle ne sera donc pas reconduite en 2012.

Et malgré tout cela, il semble que la situation économique du Portugal s’aggrave avec une contraction du PIB d’environ 5% en 2012, contre 3% selon les prévisions officielles après déjà un repli de 2% en 2011. Il y a donc il faut le dire, un risque de dérapage budgétaire, qui nécessitera un autre round d’austérité qui pèserait sur la croissance. Nous voilà au cœur du paradoxe de Zénon…

http://www.atlantico.fr/decryptage/portugal-victime-scenario-grecque-deficit-public-austerite-pascal-lima-311102.html

Comprendre les bulles économiques à notre échelle

16 mars 2012 1 commentaire

Les caractéristiques essentielles du cycle économique d’expansion-récession peuvent être comprises par analogie : prenons l’exemple de la situation financière d’un seul individu.

Ainsi, imaginons qu’une personne ordinaire mène sa vie ni au-dessus ni en-dessous de ses moyens. Un jour, il reçoit un courrier recommandé d’une grande banque, l’informant qu’il est l’unique héritier d’une grande fortune, et qu’il est invité à se rendre aux bureaux de la banque pour signer les autorisations nécessaires pour disposer de cet héritage. Naturellement, il se rend auprès de sa banque pour s’approprier cette fortune.

Qu’il s’agisse d’une fortune de 10 ou 100 millions d’euros, elle aura certainement un impact non négligeable sur la vie de cette personne. Elle ouvre en effet la possibilité à cet individu d’obtenir des biens dont il n’aurait pu que rêver auparavant. Il peut maintenant s’offrir une maison, même une villa. Il peut refaire sa garde-robe, faire le tour du monde, démissionner de son travail qui ne l’intéresse plus vraiment. S’il est entrepreneur, il peut agrandir ses investissements. S’il ne l’est pas, il peut envisager de créer une entreprise. Il peut aussi investir et spéculer sur les marchés financiers, dans la mesure où cette nouvelle fortune lui permet de ne pas trop se soucier des éventuelles pertes de quelques milliers d’euros ; en effet, il pourrait perdre un million et être encore riche.

C’est la période du « boom » pour cet individu. La vie semble facile. Ses perspectives d’avenir sont sans limite. Tout le reste de sa vie, il se souviendra avec nostalgie de cet « âge d’or ». C’est le « bon temps ».

La crise

Une seconde lettre vient mettre un terme à cette vie idyllique. Il s’avère que la fortune dont il a hérité avait été obtenu de façon criminelle par son aïeul. De ce fait, la fortune ne pouvait lui appartenir en droit et ne pouvait donc être transmise à aucune personne.

La banque en conclut que notre individu doit rendre la fortune qui lui avait été remise. Tous ses comptes sont gelés et il ne lui est plus autorisé de dépenser un sous de plus de la fortune qu’il pensait sienne. Il doit même reverser ce qui en reste.

Notre individu se retrouve écrasé par une montagne de dettes qu’il ne peut rembourser. Il doit vendre sa maison, ou sa villa, sans doute pour un prix inférieur à celui auquel il l’avait obtenu. (Cela peut s’expliquer par les frais de courtage et l’urgence de la situation qui l’empêchent de négocier un meilleur prix.) La vente des ses nouveaux vêtements et de ses autres biens ne lui rapporteront qu’une petite misère. Rien de ce qu’il a dépensé lors de ses voyages ne pourra être récupéré, et il en sera de même pour tous les biens de consommations de luxe dont il avait profité. Quant à ses investissements, ils pourront être rentables ou non. Cela dit, s’il n’avait pas su faire fortune avant, ses investissements ont sans doute été faits sans trop de discernement et il est probable qu’ils ne soient pas profitables.

En tout et pour tout, recevoir cet « héritage » a été une catastrophe pour les finances personnelles de notre individu. En l’incitant à investir beaucoup sur le fondement de l’idée fausse qu’il était en possession d’une grande fortune, notre individu a vécu largement au dessus de ses moyens et il a dilapidé la plupart des économies qu’il avait accumulées avant de recevoir son « héritage ».

Le cycle de crise économique à plus grande échelle

Le modèle d’un cycle de crise économique est essentiellement similaire à celui qu’illustre le cas de notre individu. Dans les deux cas, le « boom » se caractérise par l’apparition d’une nouvelle somme importante de richesses qui n’existe pas en réalité. La crise est seulement la suite du comportement économique encouragé par cette fortune illusoire.

Dans le cycle de crise macroéconomique, la richesse illusoire ne prend pas la forme d’un faux héritage mais plutôt celle de l’argent nouvellement créé par les banques qui vient se confondre avec le capital épargné qui représente une véritable richesse matérielle. A l’instigation de la Federal Reserve Bank (la Banque centrale des États-Unis d’Amérique), durant la dernière crise économique, les banques ont créé par voie de prêt plusieurs milliards de dollars de monnaie. A la base de ce capital fictif, le système économique a été poussé à agir comme si une somme correspondante de richesses nouvelles et bien réelles s’était ajoutée aux richesses déjà existantes. Le résultat aux États-Unis fut la construction de ce qui pourrait se chiffrer à 3 million de nouvelles maisons que les consommateurs n’étaient pas en mesure d’acheter.

En fait, le capital réellement disponible lors du « boom » ne suffit pas à supporter les projets entrepris à l’instigation de l’expansion du crédit. Au lieu de créer des nouveaux capitaux qui viendraient s’ajouter au capital existant, l’expansion du crédit alimente l’augmentation des salaires et la flambée des prix. Cela réduit le pouvoir d’achat des fonds d’épargne. A terme, cela crée une situation où ceux qui auraient normalement été prêteur se trouvent dans l’impossibilité de prêter, ou de prêter autant qu’ils l’auraient souhaité. Ils ont en effet eux-mêmes besoin de capitaux supplémentaires pour financer leurs opérations internes qui doivent à présent être réalisées à des salaires et des prix plus élevés. Dans le même temps, et pour les mêmes raisons, les emprunteurs s’aperçoivent que les sommes qu’ils ont empruntées sont insuffisantes. Alors que les emprunteurs ont besoin de plus d’argent, les prêteurs peuvent seulement en offrir moins. Le résultat est un resserrement du crédit (« credit crunch ») qui aboutit à la faillite des entreprises par manque de fonds.

Pendant la période de « boom », des dettes énormes ont été accumulées. Alors que ces dettes deviennent insolvables, le capital des entreprises qui ont prêté ces fonds sont réduits d’autant. Au cours de ce processus, le capital des banques qui ont créé les nouveaux crédits additionnels peut être effacé, créant ainsi un risque réel de faillite et une baisse de la masse monétaire dans le système économique. Le simple soupçon d’un tel scénario crée une augmentation considérable de la demande d’argent papier à épargner, avec pour résultat une réduction générale des dépenses dans le système économique avant même une réduction de la masse monétaire.

La conclusion à tirer de ceci est que pour éviter les krachs, il faut éviter les booms donc les politiques inflationnistes de crédit qui en sont responsables. Les « booms » ne sont pas des périodes de prospérité mais plutôt de dilapidation des richesses. Plus ils durent, plus le désastre qui s’en suit est terrible.

Traduction par Will Conquer d’un article de George Reisman publié le 8 novembre 2010 sur Mises.org, et publié initialement sur le site de l’Institut économique Molinari.

http://www.contrepoints.org/2012/03/16/73382-comprendre-les-bulles-economiques-a-notre-echelle?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Contrepoints+%28Contrepoints%29

Catégories :Economie, Société Étiquettes : , ,

Quand les « 1% » capturent le fruit de la reprise économique

Mais contrairement à il y a 20 ans, ces ultra-riches sont capables de tout perdre en une journée.

L’opposition entre les 99% et la petite minorité des 1% d’ultra-riches n’est pas qu’un slogan. Une étude de l’économiste français Emmanuel Saez sur l’économie américaine est formelle : les 1% supérieurs ont capturé 93% de la croissance liée à la reprise économique de 2009-2010.

Période Croissance du revenu des 1% Croissance du revenu des 99%
1993-2000 98.7% 20.3%
Récession de 2001 -30.8% -6.5%
2002-2007 61.8% 6.8%
Récession de 2007 -36.3% -11.6%
2009-2010 11.6% 0.2%

Le revers de la médaille, c’est que ces élites perdent également beaucoup plus pendant les périodes de récession que le reste de la population. Un constat qui vient confirmer la théorie du « High-Beta », émise par Robert Frank.

Dangereux

Selon cet économiste américain, ces « high beta riches »  (riches à bêta élevé) se sont émancipés dans les années 1980 du reste de la population, devenant une force économique instable et dangereuse pour l’économie : beaucoup plus sensibles aux fluctuations des marchés, ils fragilisent par leur poids l’économie de la consommation, les marchés financiers, le marché de l’emploi et les finances publiques.

Cette nouvelle « ploutocratie Potemkine » cache selon Robert Frank une montagne de dettes derrière l’image du succès : contrairement à l’ancienne classe riche, dont les revenus restaient stables, la prochaine crise est capable de leur faire perdre en un éclair leurs châteaux, leurs jets privés et leurs yachts.

http://www.atlantico.fr/pepites/1-capturent-toute-croissance-reprise-307649.html

http://blogs.wsj.com/wealth/2012/03/06/the-1-captures-most-growth-from-recovery/?mod=e2fb

L’UMP serait-elle de gauche ?

Ci-dessous, l’on trouvera la traduction française (cf. lien vers la source en bas de page) d’un document dont les médias français n’ont quasiment commenté. Il s’agit de la lettre envoyée , le 22 février dernier, par David Cameron, Mario Monti, Mariano Rajoy, Donald Dusk et huit autres premiers ministres conservateurs et libéraux européens à Herman van Rompuy et José Manuel Barroso, à l’occasion du sommet européen dui 1er mars et du 2 mars.

La France de Sarkozy et Fillon semble absente de cette démarche écrite.  L’UMP serait-elle de gauche ?

« Nous nous réunissons à Bruxelles en un moment particulièrement crucial pour l’avenir des économies européennes. La croissance est en panne. Le chômage augmente. Citoyens et entreprises sont confrontés aux pires conditions jamais rencontrées depuis des années. Alors que la situation de nos principaux concurrents mondiaux ne cesse de s’améliorer après les heures noires de la crise que le monde vient de connaître, l’instabilité des marchés financiers et le poids des dettes souveraines continuent d’entraver la reprise économique en Europe.

Fondamentalement, l’Europe dispose de nombreux atouts économiques. Mais la crise que nous connaissons est aussi une crise de la croissance. Il est essentiel que chacun d’entre nous s’efforce de remettre de l’ordre dans ses finances nationales. Sans ces efforts nous ne réussirons jamais à retrouver les conditions d’une croissance économique forte et durable. Mais il nous faut aussi moderniser nos structures économiques, améliorer notre compétitivité, et corriger les déséquilibres macroéconomiques. Il nous faut ramener la confiance, chez nos concitoyens, dans les entreprises, sur les marchés financiers, en la capacité de l’Europe de retrouver à l’avenir une croissance forte et soutenable, et ainsi de maintenir son rang dans les échanges et sur les marchés mondiaux.

Nous en avons parlé lors de notre dernière rencontre. Il est bon d’en reparler de nouveau aujourd’hui. Partant des conclusions sur lesquelles nous étions arrivés, le moment est venu de faire preuve d’un véritable leadership et de prendre les décisions courageuses qui permettrons d’arriver aux résultats que nos peuples attendent. Nous saluons les efforts déjà accomplis tant aux niveaux nationaux qu’au niveau européen pour répondre à ce défi, et nous espérons que cette nouvelle réunion nous permettra de réaliser de nouveaux progrès en focalisant nos efforts pour relancer la croissance autour de huit grandes priorités clairement exprimées.

Les huit points:

En premier lieu, il nous faut continuer à progresser dans la réalisation et l’achèvement du marché unique en en renforçant la gouvernance ainsi que l’application effective de ses dispositions.

[…]

En second lieu, nous devons accentuer nos efforts pour la création d’un véritable marché numérique européen dès 2015. L’économie numérique se développe très rapidement, mais les échanges transfrontaliers restent relativement limités et la créativité y est étouffée par des entrelacs complexes de régimes nationaux de droits d’auteurs. Il faut agir au niveau de l’Union européenne pour offrir aux consommateurs et aux entreprises les moyens de commercer online en toute confiance, en simplifiant les procédures de licence, en modernisant les systèmes de copyright, en mettant en place des mécanismes de résolution en ligne des conflits transfrontaliers, et en modifiant le cadre européen de signature numérique.

Troisième point, nous devons tenir notre promesse d’établir un véritable marché unique de l’énergie, efficace et efficient, pour 2014. Tous les états-membres devraient rapidement appliquer intégralement le troisième paquet énergétique européen, en respectant les échéances prévues. L’interconnexion énergétique devrait être renforcée afin d’améliorer la sécurité des approvisionnements. Il est également urgent d’agir, de manière nationale ou collective, pour supprimer les obstacles réglementaires, administratifs et techniques qui freinent l’investissement dans les infrastructures afin de libérer tout le potentiel du marché unique, soutenir la croissance verte et encourager la transition vers une économie pauvre en carbone et efficace énergétiquement.

[…]

Quatrièmement, nous devons réaffirmer notre engagement en faveur de la recherche et de l’innovation en procédant à la mise en place de l’Espace européen de recherche, en créant le meilleur environnement possible pour que les entrepreneurs et les innovateurs commercialisent leurs idées et créent des emplois, en mettant l’innovation mue par la demande au cœur de la stratégie européenne de recherche et de développement. Il nous faut aussi agir de manière décisive pour améliorer les possibilités d’investissement des start-ups innovantes, des sociétés à croissance rapide et des petites entreprises, en créant un régime communautaire efficace de capital risque qui permette aux fonds de venture capital d’opérer sur une base réellement européenne.

[…]

Cinq : il nous faut absolument agir pour assurer et conserver une économie mondiale véritablement ouverte. Cette année, il est prévu que nous signions des accords de libre échange avec l’Inde, le Canada, les pays limitrophes de l’Est européen, et un certain nombre de partenaires membres de l’Association des nations du sud-est asiatique (ASEAN). Il nous faut aussi renforcer nos relations commerciales avec les pays voisins du sud. Un nouvel élan devrait être donné aux négociations commerciales en cours avec ces partenaires stratégiques que sont le Mercosur et le Japon – les négociations avec le Japon devant être lancées avant l’été, pour autant que l’on enregistre des progrès satisfaisants sur l’étendue et l’ambition du projet d’accord de libre-échange. Les accords en cours de négociation ou en projet pourraient ajouter près de 90 milliards d’euros au PNB européen.

[…]

Six, nous devons préserver, et même renforcer notre programme de réduction du poids des réglementations européennes. Nous saluons l’engagement des institutions de réduire le fardeau réglementaire qui pèse sur les petites entreprises mais nous tenons à ce que cette politique progresse plus vite et s’applique plus profondément au coeur de toutes les institutions européennes tout en sauvegardant l’intégrité du marché unique et en respectant les objectifs plus larges de l’Union.

[…]

Sept, nous devons agir sur le plan national et collectivement, tout en respectant les compétences nationales, pour favoriser le bon fonctionnement d’un marché du travail qui offre de réelles possibilités d’emploi et, fondamentalement, permette d’atteindre des taux d’emploi plus élevés pour les jeunes, les femmes et les travailleurs âgés. Une attention particulière doit être accordée aux catégories de personnes vulnérables sorties du marché du travail pendant de longues périodes. Il nous faut aussi renforcer la mobilité du travail afin de réaliser l’objectif d’un marché européen du travail plus intégré et plus ouvert, par exemple en faisant avancer le projet de doter les travailleurs migrants de droits à la retraite supplémentaires, tout en respectant le rôle des partenaire sociaux.

[…]

Finalement, nous devons agir pour nous doter d’un secteur financier solide, dynamique et concurrentiel, qui crée des emplois et apporte un ensemble de services essentiels aux citoyens et aux entreprises. Il faut réduire l’engagement implicite de soutien en toutes circonstances aux banques en difficulté qui fausse le fonctionnement du marché unique. C’est aux banques, et non aux contribuables, de supporter les coûts de leurs engagements risqués. Tout en poursuivant l’objectif d’une concurrence globalement équilibrée, nous devons nous engager de manière irrévocable à soutenir la mise en place d’un système international de normes touchant les capitaux, la liquidité et les possibilités d’effet de levier (sans dilution), et garantir que la législation européenne adhère aux règles de Bâle III afin de répondre de manière stable aux besoins de financement de nos économies .

[…]

Chacun de nous reconnait qu’un tel programme exige la prise de difficiles décisions politiques et exige la présence d’un véritable leadership. Mais il s’agit d’enjeux très importants, et de questions au sujet desquelles il y a déjà longtemps que nous aurions du agir. Si nous agissons de manière courageuse et efficace, et si nous faisons preuve de volonté politique, l’Europe peut retrouver son dynamisme et nous pourrons remettre nos économies sur le chemin de la croissance économique. Nous nous adressons à vous et aux membres du Conseil européen pour vous demander de répondre instamment aux exigences de réforme qui viennent de nos populations, et ainsi de contribuer à restaurer la confiance dans la capacité de l’Europe à retrouver une croissance forte, saine et durable. »

Copie de cette lettre est envoyée à tous nos collègues du Conseil européen.

Les signataires : David Cameron, Premier ministre, Grande Bretagne; Mark Rutte, Premier ministre, Pays-Bas; Mario Monti, Premier ministre, Italie; Andrus Ansip, Premier ministre, Estonie; Valdis Dombrovskis, Premier ministre, Lettonie; Jyrki Katainen, Premier ministre, Finlande; Enda Kenny, Taoiseach, Irlande; Petr Nečas, Premier ministre, République Tchèque; Iveta Radičová, Premier ministre, Slovaquie; Mariano Rajoy, Premier ministre, Espagne; Fredrik Reinfeldt, Premier ministre, Suède; Donald Tusk, Premier ministre, Pologne.

(Traduction réalisée par Henri Lepage)

http://www.ndf.fr/nouvelles-deurope/01-03-2012/le-programme-liberal-de-12-premiers-ministres-pour-le-retour-a-une-croissance-durable-en-europe#.T09cjHIXgdU

http://www.dreuz.info/2012/03/lump-serait-elle-de-gauche/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+dreuz+%28dreuz.info%29

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