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Détricotage du statut d’auto-entrepreneur : l’anti-sarkozysme poussé à son paroxysme ?

Le projet de loi de Finance 2013 prévoit un alignement des cotisations sociales des auto-entrepreneurs sur celui des entrepreneurs individuels. Un énième détricotage du sarkozysme…

C’est devenu une habitude, la boussole de toute action, pour l’actuel gouvernement : toute mesure prise par Nicolas Sarkozy est nécessairement mauvaise et doit donc être méticuleusement détricotée.

Le statut d’auto-entrepreneur symbole de l’initiative personnelle et la liberté d’entreprendre n’échappe pas à cette logique destructrice malgré sa popularité chez les Français, de gauche comme de droite.

Dans son projet de Loi de Finances pour 2013, le gouvernement a présenté son objectif pour les centaines de milliers d’auto-entrepreneurs de notre pays : l’alignement du régime de cotisation sociale des auto-entrepreneurs sur celui des autres entrepreneurs individuels1. Un tel changement, décidé sans aucune concertation malgré les déclarations des différents ministres a comme objectif de compenser le manque à gagner qui s’élèverait à 130 millions d’euros. Or, il apparaît qu’en réalité le régime d’assurance maladie des auto-entrepreneurs n’est pas déficitaire. Il s’agit donc ici, pour le gouvernement, d’une volonté délibérée de taxer abusivement ceux qui ont manifesté le désir d’entreprendre et l’envie de réussir.

Lors de la campagne présidentielle, François Hollande avait fait passer un message de défiance envers ceux qui entreprennent. Ce projet en apporte la preuve.

J’en suis aujourd’hui à me demander ce que les auto-entrepreneurs ont fait de mal. Un régime a été créé pour eux, ils s’en sont emparés avec force pour être aujourd’hui plus de 1 million à en profiter. Que reproche-t-on au juste à ce régime ? D’avoir permis de créer 70000 TPE ou PME par an depuis son lancement ? De donner à de nombreuses catégories de populations – étudiants, retraités – un complément de revenu salutaire ? De réduire drastiquement le travail clandestin ?

Ce qui se trame est, en réalité, un changement de perspective économique. A la liberté d’entreprendre et de créer le gouvernement oppose une mise sous perfusion. La légalisation du cannabis, l’ouverture des salles de shoot sont autant de signaux qui montrent que le Parti Socialiste et ses alliés ne considèrent pas la jeunesse de France comme une source d’initiatives, d’idées neuves et novatrices, mais comme un fardeau qu’il faut accompagner pour lui rendre le quotidien plus doux.

L’anti-sarkozysme primaire atteint aujourd’hui, avec la fin annoncée du statut d’auto-entrepreneur, son paroxysme. Le gouvernement décourage l’entrepreneuriat, préfère embaucher des fonctionnaires plutôt que de laisser les entreprises libres d’embaucher, les entrepreneurs libres de créer. Les 10 milliards d’euros d’impôts nouveaux pour les sociétés risquent bien de rompre ce lien si fragile, cassant toute confiance, moteur principal d’une économie moderne.

Dans un gouvernement largement composé de personnalités n’ayant jamais connu le monde de l’entreprise (à l’instar de Sylvia Pinel, ministre pourtant en charge des auto-entrepreneurs), celui qui réussit est suspect, celui qui crée est dangereux pour le liant de la société française.

En oubliant que ceux qui embauchent sont les chefs d’entreprises et non pas l’Etat, le gouvernement décourage un peu plus les Français en général, et les jeunes en particuliers, de s’investir dans leurs projets, d’avoir une ambition personnelle, de développer leurs idées.

La fin annoncée, par ce budget 2013, du régime si particulier et novateur de l’auto-entrepreneur sonne le glas des chances de notre pays de trouver un nouveau Bill Gates ou un nouveau Steve Jobs et, bien plus grave encore, exacerbe la défiance envers toute initiative personnelle en France.

Pour les jeunes, on préfère générer des contrats de génération plutôt que de l’emploi. On préfère les emplois d’avenir qui condamnent ces jeunes à des emplois inadaptés au marché du travail à des emplois durables.

Quand une certaine presse de gauche demande aux riches et aux jeunes de se barrer, c’est l’exode des forces vives de notre pays qu’on organise méthodiquement.

Atlantico

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