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L’UMP serait-elle de gauche ?

Ci-dessous, l’on trouvera la traduction française (cf. lien vers la source en bas de page) d’un document dont les médias français n’ont quasiment commenté. Il s’agit de la lettre envoyée , le 22 février dernier, par David Cameron, Mario Monti, Mariano Rajoy, Donald Dusk et huit autres premiers ministres conservateurs et libéraux européens à Herman van Rompuy et José Manuel Barroso, à l’occasion du sommet européen dui 1er mars et du 2 mars.

La France de Sarkozy et Fillon semble absente de cette démarche écrite.  L’UMP serait-elle de gauche ?

« Nous nous réunissons à Bruxelles en un moment particulièrement crucial pour l’avenir des économies européennes. La croissance est en panne. Le chômage augmente. Citoyens et entreprises sont confrontés aux pires conditions jamais rencontrées depuis des années. Alors que la situation de nos principaux concurrents mondiaux ne cesse de s’améliorer après les heures noires de la crise que le monde vient de connaître, l’instabilité des marchés financiers et le poids des dettes souveraines continuent d’entraver la reprise économique en Europe.

Fondamentalement, l’Europe dispose de nombreux atouts économiques. Mais la crise que nous connaissons est aussi une crise de la croissance. Il est essentiel que chacun d’entre nous s’efforce de remettre de l’ordre dans ses finances nationales. Sans ces efforts nous ne réussirons jamais à retrouver les conditions d’une croissance économique forte et durable. Mais il nous faut aussi moderniser nos structures économiques, améliorer notre compétitivité, et corriger les déséquilibres macroéconomiques. Il nous faut ramener la confiance, chez nos concitoyens, dans les entreprises, sur les marchés financiers, en la capacité de l’Europe de retrouver à l’avenir une croissance forte et soutenable, et ainsi de maintenir son rang dans les échanges et sur les marchés mondiaux.

Nous en avons parlé lors de notre dernière rencontre. Il est bon d’en reparler de nouveau aujourd’hui. Partant des conclusions sur lesquelles nous étions arrivés, le moment est venu de faire preuve d’un véritable leadership et de prendre les décisions courageuses qui permettrons d’arriver aux résultats que nos peuples attendent. Nous saluons les efforts déjà accomplis tant aux niveaux nationaux qu’au niveau européen pour répondre à ce défi, et nous espérons que cette nouvelle réunion nous permettra de réaliser de nouveaux progrès en focalisant nos efforts pour relancer la croissance autour de huit grandes priorités clairement exprimées.

Les huit points:

En premier lieu, il nous faut continuer à progresser dans la réalisation et l’achèvement du marché unique en en renforçant la gouvernance ainsi que l’application effective de ses dispositions.

[…]

En second lieu, nous devons accentuer nos efforts pour la création d’un véritable marché numérique européen dès 2015. L’économie numérique se développe très rapidement, mais les échanges transfrontaliers restent relativement limités et la créativité y est étouffée par des entrelacs complexes de régimes nationaux de droits d’auteurs. Il faut agir au niveau de l’Union européenne pour offrir aux consommateurs et aux entreprises les moyens de commercer online en toute confiance, en simplifiant les procédures de licence, en modernisant les systèmes de copyright, en mettant en place des mécanismes de résolution en ligne des conflits transfrontaliers, et en modifiant le cadre européen de signature numérique.

Troisième point, nous devons tenir notre promesse d’établir un véritable marché unique de l’énergie, efficace et efficient, pour 2014. Tous les états-membres devraient rapidement appliquer intégralement le troisième paquet énergétique européen, en respectant les échéances prévues. L’interconnexion énergétique devrait être renforcée afin d’améliorer la sécurité des approvisionnements. Il est également urgent d’agir, de manière nationale ou collective, pour supprimer les obstacles réglementaires, administratifs et techniques qui freinent l’investissement dans les infrastructures afin de libérer tout le potentiel du marché unique, soutenir la croissance verte et encourager la transition vers une économie pauvre en carbone et efficace énergétiquement.

[…]

Quatrièmement, nous devons réaffirmer notre engagement en faveur de la recherche et de l’innovation en procédant à la mise en place de l’Espace européen de recherche, en créant le meilleur environnement possible pour que les entrepreneurs et les innovateurs commercialisent leurs idées et créent des emplois, en mettant l’innovation mue par la demande au cœur de la stratégie européenne de recherche et de développement. Il nous faut aussi agir de manière décisive pour améliorer les possibilités d’investissement des start-ups innovantes, des sociétés à croissance rapide et des petites entreprises, en créant un régime communautaire efficace de capital risque qui permette aux fonds de venture capital d’opérer sur une base réellement européenne.

[…]

Cinq : il nous faut absolument agir pour assurer et conserver une économie mondiale véritablement ouverte. Cette année, il est prévu que nous signions des accords de libre échange avec l’Inde, le Canada, les pays limitrophes de l’Est européen, et un certain nombre de partenaires membres de l’Association des nations du sud-est asiatique (ASEAN). Il nous faut aussi renforcer nos relations commerciales avec les pays voisins du sud. Un nouvel élan devrait être donné aux négociations commerciales en cours avec ces partenaires stratégiques que sont le Mercosur et le Japon – les négociations avec le Japon devant être lancées avant l’été, pour autant que l’on enregistre des progrès satisfaisants sur l’étendue et l’ambition du projet d’accord de libre-échange. Les accords en cours de négociation ou en projet pourraient ajouter près de 90 milliards d’euros au PNB européen.

[…]

Six, nous devons préserver, et même renforcer notre programme de réduction du poids des réglementations européennes. Nous saluons l’engagement des institutions de réduire le fardeau réglementaire qui pèse sur les petites entreprises mais nous tenons à ce que cette politique progresse plus vite et s’applique plus profondément au coeur de toutes les institutions européennes tout en sauvegardant l’intégrité du marché unique et en respectant les objectifs plus larges de l’Union.

[…]

Sept, nous devons agir sur le plan national et collectivement, tout en respectant les compétences nationales, pour favoriser le bon fonctionnement d’un marché du travail qui offre de réelles possibilités d’emploi et, fondamentalement, permette d’atteindre des taux d’emploi plus élevés pour les jeunes, les femmes et les travailleurs âgés. Une attention particulière doit être accordée aux catégories de personnes vulnérables sorties du marché du travail pendant de longues périodes. Il nous faut aussi renforcer la mobilité du travail afin de réaliser l’objectif d’un marché européen du travail plus intégré et plus ouvert, par exemple en faisant avancer le projet de doter les travailleurs migrants de droits à la retraite supplémentaires, tout en respectant le rôle des partenaire sociaux.

[…]

Finalement, nous devons agir pour nous doter d’un secteur financier solide, dynamique et concurrentiel, qui crée des emplois et apporte un ensemble de services essentiels aux citoyens et aux entreprises. Il faut réduire l’engagement implicite de soutien en toutes circonstances aux banques en difficulté qui fausse le fonctionnement du marché unique. C’est aux banques, et non aux contribuables, de supporter les coûts de leurs engagements risqués. Tout en poursuivant l’objectif d’une concurrence globalement équilibrée, nous devons nous engager de manière irrévocable à soutenir la mise en place d’un système international de normes touchant les capitaux, la liquidité et les possibilités d’effet de levier (sans dilution), et garantir que la législation européenne adhère aux règles de Bâle III afin de répondre de manière stable aux besoins de financement de nos économies .

[…]

Chacun de nous reconnait qu’un tel programme exige la prise de difficiles décisions politiques et exige la présence d’un véritable leadership. Mais il s’agit d’enjeux très importants, et de questions au sujet desquelles il y a déjà longtemps que nous aurions du agir. Si nous agissons de manière courageuse et efficace, et si nous faisons preuve de volonté politique, l’Europe peut retrouver son dynamisme et nous pourrons remettre nos économies sur le chemin de la croissance économique. Nous nous adressons à vous et aux membres du Conseil européen pour vous demander de répondre instamment aux exigences de réforme qui viennent de nos populations, et ainsi de contribuer à restaurer la confiance dans la capacité de l’Europe à retrouver une croissance forte, saine et durable. »

Copie de cette lettre est envoyée à tous nos collègues du Conseil européen.

Les signataires : David Cameron, Premier ministre, Grande Bretagne; Mark Rutte, Premier ministre, Pays-Bas; Mario Monti, Premier ministre, Italie; Andrus Ansip, Premier ministre, Estonie; Valdis Dombrovskis, Premier ministre, Lettonie; Jyrki Katainen, Premier ministre, Finlande; Enda Kenny, Taoiseach, Irlande; Petr Nečas, Premier ministre, République Tchèque; Iveta Radičová, Premier ministre, Slovaquie; Mariano Rajoy, Premier ministre, Espagne; Fredrik Reinfeldt, Premier ministre, Suède; Donald Tusk, Premier ministre, Pologne.

(Traduction réalisée par Henri Lepage)

http://www.ndf.fr/nouvelles-deurope/01-03-2012/le-programme-liberal-de-12-premiers-ministres-pour-le-retour-a-une-croissance-durable-en-europe#.T09cjHIXgdU

http://www.dreuz.info/2012/03/lump-serait-elle-de-gauche/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+dreuz+%28dreuz.info%29

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